L'Italie lance une campagne en Afrique pour prévenir les migrants des dangers

La campagne "Aware Migrants" (Migrants conscients), dont le budget de 1,5 million d'euros a été fourni par le ministère italien, vise à faire passer le message via les réseaux sociaux, la télévision et la radio, dans une quinzaine de pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord.

Belga
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Le gouvernement italien et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont lancé jeudi une campagne en Afrique pour prévenir les candidats au départ des dangers du voyage. 

Si beaucoup des plus de 400.000 migrants arrivés sur les côtes italiennes depuis 2014 fuyaient guerres et persécutions, une part croissante d'entre eux "cherchent des avantages, la démocratie, le bien-être, et en poursuivant leur rêve, se retrouvent en plein cauchemar", a expliqué le ministre de l'Intérieur, Angelino Alfano.

Il a cité le cas de femmes violées devant leur mari en Libye ou des personnes traumatisées d'avoir vu un proche mourir de soif dans le désert, sous les coups des passeurs ou noyé en mer.

"Tout cela, le savent-ils avant de partir ? Ce n'est absolument pas sûr (...) Tous ne savent pas tout", a-t-il insisté. Pour ne pas revivre le traumatisme et ne pas aggraver la souffrance de la séparation, les migrants racontent rarement ces souffrances à ceux restés au pays.

De nombreux migrants, en particulier d'Afrique de l'Ouest, rencontrés par l'AFP en Italie ont en effet fait part de leur surprise devant les violences et les conditions extrêmes qu'ils ont affrontées, en particulier en Libye.

La campagne "Aware Migrants" (Migrants conscients), dont le budget de 1,5 million d'euros a été fourni par le ministère italien, vise donc à faire passer le message via les réseaux sociaux, la télévision et la radio, dans une quinzaine de pays d'Afrique de l'Ouest et du Nord.

Elle s'appuie essentiellement sur les témoignages de migrants recueillis par l'OIM en Italie mais aussi le long du parcours au Niger, dans de courtes vidéos en plan serré.

"J'ai beaucoup souffert en Libye, trop de tortures, trop de menaces", raconte ainsi Déjeuna, dos à la caméra. "Ce que nous on a vu dans l'eau... Je ne sais pas quoi dire. C'était vraiment difficile, vraiment difficile".