Au Venezuela, la pénurie alimentaire pousse les habitants à manger les animaux des zoos

Le Venezuela est actuellement plongé dans une grave crise politique et économique qui entraîne de sévères pénuries. Plus de 127.000 Vénézuéliens sont entrés en Colombie en trois jours pour s'approvisionner en produits de première nécessité, vivres, médicaments et autres.

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Rédaction en ligne (avec Belga)

Plus de 127.000 Vénézuéliens sont entrés en Colombie en trois jours depuis la réouverture samedi de la frontière décidée par les gouvernements des deux pays, a annoncé lundi le service colombien du contrôle des migrations. Le Venezuela avait fermé sa frontière avec la Colombie en août 2015 pour lutter contre la contrebande et à la suite d'une attaque de paramilitaires colombiens présumés contre une patrouille militaire vénézuélienne.

Alors que le Venezuela est actuellement plongé dans une grave crise politique et économique qui entraîne de sévères pénuries, de nombreux Vénézuéliens sont désireux d'aller s'approvisionner en Colombie en produits de première nécessité, vivres, médicaments et autres.

La sous-direction du contrôle des migrations du gouvernement colombien a indiqué dans un communiqué que depuis la réouverture progressive de la frontière en cinq points, plus de 127.000 Vénézuéliens étaient entrés en territoire colombien en trois jours, soit "presque autant que le total des entrées enregistrées pendant les sept premiers mois de cette année".

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Le principal point d'entrée est le pont international Simon Bolivar, par lequel "plus de 84.000 citoyens vénézuéliens, dont 46.000 samedi", sont entrés en trois jours pour se rendre dans la ville de Cucuta a précisé le service des migrations. Les cinq points de passage sont actuellement ouverts 15 heures par jour.

Ce lundi, à deux heures de l'heure de fermeture de la frontière, environ 89% des Vénézuéliens entrés en territoire colombien avaient retraversé la frontière pour rentrer chez eux, selon le service colombien des migrations.

Un éléphant et un cheval abattus pour leur viande

Comme l'explique le journal Atlantico sur son site, les Vénézuéliens en arrivent à tuer des animaux de zoos pour manger leur viande pendant que certaines bêtes meurent de faim dans leur cage.

Il y a quelques jours, l'image d'un lion d'un zoo du pays a fait le tour du web. L'animal apparaît affamé, immobile sur sa branche.

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La crise alimentaire touche même les parcs animaliers où certains félins sont nourris uniquement de fruits et légumes. Dans tout le pays, quelques 50 animaux de zoos sont morts de faim ces derniers jours, annonce Atlantico. Une photo d'un bison circule sur Twitter sur laquelle on le voit allongé sur le sol, entouré de charognards.

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Le pire sans doute est que les citoyens en arrivent même à abattre les animaux des parcs pour se nourrir de leur viande. Ce fut le cas récemment pour un éléphant et un cheval.

La pénurie alimentaire fait rage dans tout le pays et pousse les habitants à se ruer sur tout ce qui peut se retrouver dans l'assiette. Un camion de poulets a été attaqué sur sa route et entièrement vidé. Selon le journal Atlantico, des chiens sont abattus et dépecés en pleine rue pour leur viande.

Les Vénézuéliens rencontrent également de gros problèmes pour obtenir des médicaments, des couches pour bébé, de la nourriture à prix décent et même des billets d'avion. Certains doivent passer par des moyens illégaux pour acquérir des éléments de premières nécessité.

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