Emmanuel Macron a présenté sa démission à François Hollande

Emmanuel Macron a présenté sa démission à François Hollande vers 15h ce mardi. Il va maintenant se consacrer à la présidentielle de 2017. Il sera présent au JT de TF1 ce mardi soir.

rédaction en ligne (avec AFP)
Emmanuel Macron a présenté sa démission à François Hollande
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Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron a présenté sa démission du gouvernement à François Hollande vers 15h ce mardi. L'entretien, confidentiel, a duré moins d'une heure. Sur des images filmées, on a seulement pu apercevoir le désormais ex-ministre de l'Economie de retour en bateau à Bercy.

Emmanuel Macron a présenté sa démission à François Hollande
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Dans un sms envoyé à un soutien, cité par une journaliste de BFM TV, Emmanuel Macron aurait déclaré qu'il interviendrait "au JT de TF1 ce soir afin de donner tout son sens à cette décision et en vue de préparer les étapes à venir".

"Sa lettre de démission est prête depuis l'été"

Emmanuel Macron avait annoncé à la mi-journée devant ses collaborateurs qu'il allait démissionner.

"Il a annoncé à son cabinet et aux directeurs qu'il quittait le gouvernement après avoir présenté sa démission dans l'après-midi au président de la République à l'Elysée", selon plusieurs sources à Bercy.

Plusieurs médias français citent une source ou plusieurs proches du ministre de l'Economie qui ont confirmé l'information.

Pour Les Echos: "Emmanuel Macron a décidé de quitter le gouvernement pour se consacrer à son mouvement 'En marche'. Sa lettre à François Hollande est prête depuis l'été. Elle est sur le point d'être rendue publique. Le jeune ministre (trente-huit ans) veut reprendre sa liberté pour s'exprimer sur tous les sujets, construire un projet, développer son mouvement. Et se frayer si possible un chemin pour la présidentielle de 2017. Pour l'instant, il ne saurait être question de candidature."

Emmanuel Macron doit prononcer un discours très attendu ce mercredi devant l'Université d'été du Medef, la fédération patronale française... où il sera encore très certainement fort applaudi. L'homme a récemment confié "ne pas être un socialiste".


Énarque (promotion Senghor 2004) et inspecteur des finances, ancien secrétaire général adjoint et conseiller économique de François Hollande à l'Élysée, M. Macron avait été nommé ministre de l'Économie et du Numérique en août 2014 en remplacement d'Arnaud Montebourg.

Son passage à Bercy fut marqué par l'adoption d'une loi sur "la croissance et l'activité", mais aussi par de nombreuses déclarations dénoncées par une partie de la gauche et une rivalité croissante avec le Premier ministre Manuel Valls, figure comme lui de l'aile réformiste du PS.

En avril, M. Macron a créé le mouvement politique "En Marche". Le 12 juillet, il avait également organisé un meeting à La Mutualité, à Paris, assurant devant quelque 3.500 partisans qu'il comptait porter son mouvement "jusqu'à 2017 et jusqu'à la victoire", faisant référence à la prochaine élection présidentielle en France, qui doit avoir lieu dans huit mois.

L'un de ses principaux soutiens, le sénateur-maire de Lyon (centre-est) Gérard Collomb avait déclaré que M. Macron serait "naturellement" candidat à l'Elysée en 2017 si François Hollande, très impopulaire depuis son élection en 2012, ne remontait pas dans les sondages.

Emmanuel Macron a présenté sa démission à François Hollande
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Un nouveau coup dur pour Hollande

"C'est un coup de bambou" pour le chef de l'Etat, a regretté un ministre, selon des sources à Bercy. "Pour François Hollande, c'est un rétrécissement nouveau de sa majorité", se désole un proche du président, quelques mois après la démission de Christiane Taubira. En revanche, pour un autre ministre, proche de M. Hollande, "ça clarifie les choses et les conséquences seront beaucoup plus faibles que s'il l'avait fait il y a quelques mois". "C'est tout sauf une surprise", a déclaré Olivier Faure, porte-parole du PS.

Le départ du gouvernement de Macron renforce encore l'incertitude à gauche dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017. François Hollande n'entend pas dire avant "la fin de l'année" s'il souhaite solliciter un deuxième mandat, via la primaire organisée par le PS et prévue fin janvier.

Mais le président sortant, toujours très impopulaire dans les sondages, est d'ores et déjà défié par trois de ses anciens ministres: les socialistes Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, qui l'a encore appelé à renoncer mardi matin, et l'écologiste Cécile Duflot. Et si M. Hollande venait à renoncer, M. Macron risquerait en outre de croiser, sur la route de l'Elysée, un certain Manuel Valls qui a de nouveau peaufiné sa stature de recours lors d'un meeting lundi soir à Toulouse.

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