L'inquiétude grandit en Islande, alors qu'un volcan menace d'entrer en éruption

Il y a 6 ans, l'éruption de l'Eyjafjallajökull recouvrait une partie du ciel européen d'une épaisse fumée et perturbait fortement le trafic aérien.

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Il y a 6 ans, l'éruption de l'Eyjafjallajökull recouvrait une partie du ciel européen d'une épaisse fumée et perturbait fortement le trafic aérien.


Souvenez-vous. Au cœur du printemps 2010, l'Islande voit un volcan au nom imprononçable entrer en éruption. Un événement naturel qui aura de lourdes conséquences sur l'Europe entière. Le ciel s'assombrit et se recouvre d'une épaisse fumée dûe aux émanations de gaz et de cendres, provoquant un véritable chaos sur le Vieux continent.

Portée par les vents, cette fumée arrive au sud et entraîne de fortes perturbations au niveau du trafic aérien. Impossible en effet de continuer à voler, étant donné les dégâts qu'est susceptible de provoquer ce panache sur les appareils. L'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la France et bien d'autres pays européens, des Iles Féroé à la Lettonie en passant par la Turquie, décident de restreindre, voire de carrément fermer leur espace aérien. Du jamais vu depuis le 11 septembre 2011 !

Au-delà des situations parfois rocambolesques (on se souvient par exemple que le comédien John Cleese n'avait pas hésité à débourser 4000 euros de taxi pour parcourir les 1500 kilomètres qui séparent Oslo de Bruxelles, afin de prendre un train pour rentrer à Londres !), les conséquences économiques s'avèrent désastreuses. La Commission européenne les évalue à un montant situé entre 1,5 et 2,5 milliards d'euros pour le secteur aérien (compagnies, aéroports, voyagistes,...).


2016, au tour de Katla ?

Mais voilà qu'un nouveau volcan menace à nouveau de se réveiller ! Il s'agit désormais de Katla, lui-aussi implanté en Islande. L'Institut météorologique islandais indique avoir reporté une activité sismique autour du volcan. Des secousses d'une magnitude calculée entre 4,5 et 4,6 ont eu lieu. Il s'agit d'un record depuis 1977, année où Katla était cependant resté "sage". "Ce sont des mouvements dans la croûte terrestre, qui sont certainement connectés au volcan, mais pas directement à des mouvements au niveau du magma", explique le géophysicien Páll Einarsson au média RÚV.

Toutefois, on ne peut pas affirmer que Katla ne va pas entrer en éruption, avec toutes les conséquences redoutées que cela pourrait avoir. D'autant plus qu'il s'agit d'"un volcan très actif", selon la coordinatrice de l'Institut météorolgique islandais, Kristin Jónsdóttir. "Le temps moyen entre les éruptions est de cinquante ans, mais ici, nous l'attendons depuis nonante-huit ans (NdlR: la dernière éruption de Katla date de 1918). Donc, il y aura bel et bien une éruption. C'est juste une question de temps."

Recouvert d'une calotte glacière, le volcan culmine à 1512 mètres de haut et est situé à plus de cent kilomètres de la capitale Reykjavik. Ce qui signifie que la fonte de la glace pourrait provoquer de graves inondations dans les villes et villages alentours. Sans parler du reste, comme lorsque l'Europe était restée clouée au sol à cause d'un volcan situé à près de 3500 bornes de Bruxelles...