Brexit : les ministres anglais réunis pour discuter stratégie

Une réunion qui a permis à Theresa May de rappeler ses troupes à l’ordre : la presse britannique a fait part de tensions entre les différents ministres favorables au Brexit.

Brexit : les ministres anglais réunis pour discuter stratégie
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Tristan de Bourbon

Mercredi, c’était le jour de la rentrée pour le gouvernement britannique. Une rentrée partielle en l’occurrence : la Première ministre, Theresa May, a convoqué ses principaux ministres à Chequers, la résidence secondaire officielle du chef du gouvernement. La thématique de leur réunion : le Brexit. "Nous allons regarder les prochaines étapes que nous devons emprunter et aussi les possibilités qui s’offrent à nous alors que nous créons un nouveau rôle mondial pour le Royaume-Uni", a expliqué devant les caméras celle qui a été choisie le 13 juillet par les députés conservateurs pour remplacer David Cameron. "Nous devons être clairs que nous ferons du Brexit un succès, ce qui signifie qu’il n’y aura pas de second référendum ou de tentative de rester plus ou moins dans l’Union européenne."

Par cette très médiatique séance de travail, Theresa May vise tout d’abord à confirmer aux Britanniques que ses deux semaines de vacances ne lui ont pas fait changer d’avis. "Le Brexit signifie le Brexit", avait-elle rappelé à de nombreuses reprises courant juillet. Elle n’entend donc pas céder aux chants des élus qui réclament un second référendum ou un vote du Parlement.

Le travailliste Owen Smith, opposé à l’actuel dirigeant travailliste Jeremy Corbyn dans la course à la direction du parti, a demandé que la Chambre des communes vote le déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne, qui signifie à Bruxelles la volonté du pays de sortir de l’UE. Le porte-parole du 10 Downing Street a clôturé le débat en répliquant que les députés avaient déjà été consultés puisqu’ils avaient voté en faveur de la tenue du référendum et qu’ils devaient désormais en respecter le résultat.

Divergences entre ministres

La réunion de Chequers doit surtout permettre à Theresa May de rappeler ses troupes à l’ordre. La presse britannique a fait part de tensions entre les différents ministres favorables au Brexit. Après avoir été agacé parce que Liam Fox est venu puiser dans ses troupes pour créer son tout nouveau ministère au Commerce international, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson imaginerait le Brexit très différemment de son collègue et du ministre en charge du Brexit, David Davis.

L’ancien maire de Londres aurait comme priorité la mise en place d’un accord économique avec les Vingt-sept pour préserver certains des avantages liés au Marché unique. Ses deux acolytes voudraient avant tout mettre un terme à la liberté de circulation entre les vingt-sept et le Royaume-Uni.

Si Theresa May a confirmé mercredi que l’article 50 ne sera pas enclenché en 2016, les trois hommes doivent maintenant élaborer une stratégie commune et claire. "Ce sont eux qui doivent nous montrer les progrès effectués, à quoi le Brexit commence à ressembler, nos succès, nos difficultés et nos échecs", a fait savoir Anna Soubry, ancienne ministre de David Cameron, favorable au maintien dans l’UE. Le regard de tout le pays repose aujourd’hui sur eux.

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