RDC: Emeute au Katanga après un assassinat (VIDEOS)

L'assassinat d'un cambiste a déclenché une révolte de la population qui a, selon les informations de la Libre Belgique, brûlé "au moins deux postes de police ainsi que des bureaux de la Snel" (Société nationale d'électricité).

Marie-France Cros

Emeutes, vendredi à Kasumbalesa (poste-frontière entre le Congo-Kinshasa et la Zambie), au Katanga. En milieu d'après-midi, nous a indiqué le bâtonnier de Lubumbashi, la capitale provinciale, Me Jacques Shesha, "les autorités qui étaient bloquées à un barrage ont pu négocier un accès à la cité. La population a accepté que des militaires entrent en ville mais ne voulait plus voir un seul policier. La cité est en état de choc, tout est fermé. Pour l'instant on parle de trois tués en plus du cambiste".

C'est l'assassinat d'un cambiste - par un policier ou par des bandits sans que la police intervienne - qui a déclenché une révolte de la population. Celle-ci a, selon les informations de la Libre Belgique, brûlé "au moins deux postes de police ainsi que des bureaux de la Snel" (Société nationale d'électricité).

La Snel fait depuis longtemps l'objet de rancœur de la part des Congolais, dans tout le pays, en raison de ses piètres performances au regard des sommes qu'elle réclame à ses abonnés; à Kasumbalesa, "l'électricité ne fonctionne pas", nous dit un habitant de Lubumbashi, à une centaine de km. Et, à Kasumbalesa comme ailleurs dans le pays, l'obscurité favorise l'action des bandits.

Une autre source nous indique que la population scanderait le nom du dernier gouverneur du Katanga uni, Moïse Katumbi, devenu le principal rival du président Kabila et qui a été contraint à l'exil pour fuir une série de poursuites judiciaires à motivation politique dont le régime s'est fait une spécialité. M. Kabila doit quitter le pouvoir le 19 décembre prochain mais ne semble pas prêt à se conformer à la Constitution. Des panneaux portant de grandes affiches du chef de l'Etat et des drapeaux du parti présidentiel, le PPRD, ont été incendiés.

La Zambie a fermé son poste-frontière à Kasumbalesa et déployé des troupes.

Selon une de nos sources, une fois entré en ville, le gouverneur Kazembe aurait été mis en difficulté par la foule, qui lui jetait pierres et sacs d’eau. Un de ses gardes du corps aurait abattu un des lanceurs après qu'une pierre eut atteint le gouverneur et c’est la garde présidentielle, corps militaire ne dépendant que du chef de l’Etat, qui l’aurait dégagé, alors que la foule mettait à sac un immeuble lui appartenant.


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