Simon Gronowski, rescapé du 20e convoi de Malines vers Auschwitz

Le 19 avril 1943, trois résistants audacieux - Georges Livchitz, Robert Maistriau et Jean Franklemon - attaquaient le 20 e convoi, parti de Malines vers le camp d’Auschwitz. A hauteur de Boortmeerbeek, ils arrêtèrent le train, permettant à 231 déportés juifs d’échapper à une mort certaine. Parmi eux, il y avait Simon Gronowski (alors âgé de onze ans). Portrait.

Simon Gronowski, rescapé du 20e convoi de Malines vers Auschwitz
©Photo News
Christian Laporte

Le 19 avril 1943, trois résistants audacieux - Georges Livchitz, Robert Maistriau et Jean Franklemon - attaquaient le 20 e convoi, parti de Malines vers le camp d’Auschwitz. A hauteur de Boortmeerbeek, ils arrêtèrent le train, permettant à 231 déportés juifs d’échapper à une mort certaine. Parmi eux, il y avait Simon Gronowski (alors âgé de onze ans) qui trouva refuge auprès d’un gendarme courageux. 

Sa mère, qui l’avait poussé hors du wagon, puis sa sœur, embarquée dans un convoi suivant, disparaîtraient toutes les deux en Haute-Silésie. Quant à son père à la santé délicate, il mourut de chagrin. Simon Gronowski décida de conjurer le sort : il devint avocat au barreau de Bruxelles après des études à l’ULB et excella comme pianiste de jazz. Comme beaucoup de rescapés, il garda les souffrances de son enfance dans son cœur mais cinquante ans après la Libération, il sortit de l’ombre afin de témoigner pour les générations montantes et, surtout, afin de les inciter à s’engager dans le combat contre la barbarie récurrente.

Indécrottable "amoureux de la tolérance" et fort peu "politiquement correct", Simon Gronowski, porté à la tête de l’Union des déportés juifs, choqua les caciques en accueillant des rescapés du génocide du Rwanda à Malines, puis dérangea l’intelligentsia juive bruxelloise en entrant en dialogue sincère et sans préjugé avec Koenraad Tinel, dont le père et les frères furent des collaborateurs très actifs du nazisme. Voilà que l’histoire de l’enfant du 20 e convoi s’est muée en opéra ! La première de "Push" a lieu cette semaine dans le cadre du festival de la bataille de Hastings à Bexhill (sud-est de l’Angleterre). C’est le fruit d’une riche rencontre entre Gronowski et le compositeur Howard Moody en février 2014, lors de la création à La Monnaie de "Sindbad". Le vœu le plus cher de Simon Gronowski est que le nouvel opéra soit aussi présenté à Bruxelles. Christian Laporte