Theo Francken à propos du référendum antiréfugiés: "L'illustration d'une UE qui se heurte à ses limites"

Theo Francken a dit avoir un sentiment mitigé à l'égard du référendum hongrois. "Ce n'est pas très correct. On a discuté et voté avec une large majorité un plan européen de répartition", a-t-il souligné. Que Budapest refuse ensuite de l'exécuter est une "étrange interprétation de la démocratie".

di rupo
©JC Guillaume
Belga

Le référendum organisé par la Hongrie contre le plan européen de répartition de réfugiés est "une illustration d'une Union européenne qui se trouve à ses limites", a affirmé le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), dimanche sur le plateau de l'émission De Zevende Dag (VRT).

Theo Francken a dit avoir un sentiment mitigé à l'égard du référendum hongrois. "Ce n'est pas très correct. On a discuté et voté avec une large majorité - également en Belgique - un plan européen de répartition", a-t-il souligné. Que Budapest refuse ensuite de l'exécuter est une "étrange interprétation de la démocratie".

Néanmoins, la Hongrie est l'un des pays situés aux frontières de l'espace Schengen sur qui retombe "le sale boulot", a-t-il ajouté. Tirer à tout-va sur la Hongrie et sur son Premier ministre Victor Orban est donc un peu "hypocrite", à son sens.

Pour le secrétaire d'Etat, le référendum hongrois montre surtout que l'Union européenne a grandi trop vite et se heurte à ses limites. La Hongrie profite des subsides européens, mais refuse pour autant de faire des efforts pour accueillir les migrants. "La solidarité à sens unique ne fonctionne pas", a-t-il conclu.

Ce dimanche, quelque 8,3 millions d'électeurs sont appelés à valider l'opposition de M. Orban à la répartition de réfugiés au sein de l'Union européenne.


L'UE devrait abandonner son plan "irréaliste" de répartition

L'Union européenne devrait abandonner son plan "irréaliste" de répartition des migrants, estime le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, alors que la Hongrie voisine organise dimanche un référendum sur cette question. "L'objectif est totalement irréaliste", a-t-il dit au quotidien Welt am Sonntag. Les désaccords sur ce dossier entre membres de l'UE menacent "la cohésion de l'ensemble de l'Union européenne", a ajouté le ministre, en relevant par ailleurs que "de nombreux réfugiés refusent d'aller dans certains pays de l'UE".

Le ministre autrichien a refusé de se prononcer sur le référendum organisé en Hongrie, que le Premier ministre hongrois Viktor Orban veut transformer en plébiscite pour sa politique antimigrants et en pied de nez à l'Union européenne.

Adopté il y a un an, le plan de l'UE sur les migrations visait à relocaliser sur deux ans 160.000 personnes recensées en Grèce et Italie. A ce jour, quelque 5.600 d'entre elles ont été réparties au sein de l'UE.

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