Le Burundi se retire de la CPI

L’Onu a mis en garde contre le danger de "génocide" dans ce pays.

Marie-France Cros
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Le vice-président burundais, Gaston Sindimwo, a annoncé vendredi à la radio nationale que Bujumbura avait engagé une procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI) - une première dans l’histoire de cette institution créée en 2002. Selon la BBC, qui a rapporté l’information, la décision a été prise par le conseil des ministres jeudi.

C’est en février 2015 que le président de l’Union africaine - cette année-là, le Zimbabwéen Robert Mugabe - avait annoncé l’intention des pays africains de se retirer de la "très raciste" CPI, surnommée "Cour pénale indigène" par les nombreux Africains qui lui reprochent de ne juger que des ressortissants de ce continent.

Depuis lors, une enquête a été ouverte, pour la première fois, hors d’Afrique - en Géorgie, en janvier 2016. Des examens préliminaires hors d’Afrique traînent depuis des années sans aboutir, notamment sur la Colombie, depuis 2004.

L’Onu redoute un génocide

Le projet de retrait africain de la CPI a été repris par le président tchadien Idriss Déby lors du dernier sommet de l’Union africaine. Si plusieurs pays du continent ont dit étudier la question, le Burundi est le premier à mettre la menace à exécution.

Ce pays est plongé, depuis avril 2015, dans une spirale de violences déclenchée par le président Pierre Nkurunziza, qui s’accroche au pouvoir bien que l’Accord de paix d’Arusha, qui a mis fin à la guerre civile (1993-2005), limite expressément à deux les mandats présidentiels, s’achevant en 2015.

En avril 2016, le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a annoncé l’ouverture d’un examen préliminaire sur le Burundi. Le 20 septembre, une commission d’enquête de l’Onu a dénoncé de graves violations des droits de l’homme par le gouvernement burundais et souligné le grand danger de "génocide".