En Turquie, Jean-Marc Ayrault souligne l'attachement de la France "aux libertés fondamentales"

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a rappelé lundi l'attachement de la France "à l'Etat de droit et aux libertés fondamentales" lors d'une visite en Turquie, tout en reconnaissant le droit de ce pays à "se défendre" après le putsch avorté en juillet.

En Turquie, Jean-Marc Ayrault souligne l'attachement de la France "aux libertés fondamentales"
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AFP

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a rappelé lundi l'attachement de la France "à l'Etat de droit et aux libertés fondamentales" lors d'une visite en Turquie, tout en reconnaissant le droit de ce pays à "se défendre" après le putsch avorté en juillet.

"Concernant l'état d'urgence, la Turquie a parfaitement le droit de se défendre et de se protéger", a déclaré M. Ayrault lors d'une conférence de presse conjointe à Ankara avec son homologue Mevlüt Cavusoglu.

"La seule chose que nous pouvons redire, c'est notre attachement à l'Etat de droit, notre attachement aux libertés fondamentales", a ajouté M. Ayrault, premier responsable français de haut rang à effectuer une visite en Turquie depuis le putsch avorté.

Plus de 35.000 personnes ont été arrêtées en Turquie depuis la tentative de coup d'Etat le 15 juillet, après lequel le gouvernement a instauré l'état d'urgence, prolongé de trois mois le 19 octobre.

Médias, magistrature, police, milieu pénitentiaire, armée, éducation... : tous les secteurs sont concernés par ces purges d'une ampleur inédite, critiquées par l'Occident.

Le chef de la diplomatie française avait réclamé, peu après le début des arrestations, le respect de l'Etat de droit en Turquie, refusant tout "chèque en blanc" au président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier avait demandé à M. Ayrault de "se mêler de ses affaires".

Les nouvelles remarques du ministre français ont été accueillies avec un certain agacement par son homologue turc dimanche.

Affirmant qu'il existait une différence de nature juridique entre l'état d'urgence en Turquie et en France, M. Ayrault a déclaré : "En France, l'état d'urgence ne prévoit pas de transfert du pouvoir législatif au pouvoir exécutif, le Parlement conserve tous ses pouvoirs de législation et l'indépendance de la justice est totalement garantie".

Réponse immédiate de M. Cavusoglu : "Il n'y a pour nous aucune différence entre l'état d'urgence qu'il y a en Turquie et l'état d'urgence qu'il y a en France. Leur cadre et leur objectif sont les mêmes : cibler les organisations terroristes".

M. Ayrault, qui a rencontré dimanche des représentants de la société civile et de l'opposition, devait être reçu lundi soir par le Premier ministre Binali Yildirim et le président Erdogan.

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