Pain au chocolat, baguette, timbre, ticket de métro : ces politiques déconnectés de la réalité

Jean-François Copé a dû faire face à une vague de critiques après qu'il ait fortement sous-estimé le prix d'un pain au chocolat. Mais il n'est pas le seul à s'être laissé piéger par ce genre de questions sur le prix des petites choses du quotidien. Avant lui, beaucoup d'autres ont trébuché. Florilège.

Pain au chocolat, baguette, timbre, ticket de métro : ces politiques déconnectés de la réalité
©montage
J.F.

L'une des critiques les plus fréquemment adressées aux politiques est qu'ils sont déconnectés de la réalité, dans "leur bulle", loin des "vraies gens". Il n'est d'ailleurs pas rare de les voir monter un coup de com' en prenant le métro pour la seule fois de l'année sous l'oeil attentif de dizaines de photographes s'étant déplacés spécialement pour l'occasion. Une démarche très peu naturelle qui a tendance à confirmer l'idée qu'ils cherchent à tout prix à démonter.

Lors de chaque période électorale, les journalistes ou auditeurs se font donc un malin plaisir de les piéger en leur posant des questions sur la vie quotidienne. Que ce soit sur le prix d'un pain au chocolat, d'un ticket de métro ou d'un timbre, beaucoup se sont fait avoir, déclenchant à chaque fois une tempête d'électeurs scandalisés.


Le "pain au chocolat" de Jean-François Copé 

La bourde du candidat à la primaire de la droite et du centre a été relayée dans tous les journaux français, et même belges. Lorsqu'un auditeur d'Europe1 lui a demandé en direct s'il pouvait donner le prix d'un pain au chocolat, Jean-François Copé (LR) a répondu "10 ou 15 centimes". Malheureusement pour lui, il était très loin de la réalité puisque le prix de cette viennoiserie se situe plutôt entre 80 centimes et 1€30. Aussitôt, les internautes s'en sont donné à coeur joie.

Selon France 2, chaque homme politique disposerait d'une fiche où sont indiqués les prix des denrées les plus utilisées afin de ne pas se faire piéger. Mauvais élève, Copé n'avait pas relu sa précieuse feuille avant de se lancer dans cette interview.

Il avait pourtant donné au pain au chocolat une place très importante dans son discours en 2013 lorsqu'il déclarait qu'un jeune "s'était fait voler son pain au chocolat par des voyous sous prétexte qu'on ne mange pas pendant le ramadan". A l'époque déjà, sa référence à ce petit pain était très mal passée.


Hourra, Nicolas Sarkozy connaît le prix des chouquettes

L'ex-Président a lui aussi été interrogé sur le prix d'une petite pâtisserie. Le même jour que son concurrent, il a dû donner le prix de 100 grammes de chouquettes. Nicolas Sarkozy (LR) a estimé le prix "entre 1 et 2 euros". Si le prix est plutôt de 2 euros, l'on peut dire qu'il s'en est plutôt bien sorti.


NKM se trompe (deux fois) sur le ticket de métro

En 2012, sur Europe 1, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) s'était elle aussi laissée piéger par un auditeur. Celle qui était à l'époque la porte-parole de Nicolas Sarkozy (et avant cela ministre des Transports) s'est pris les pieds dans le tapis en évaluant le prix d'un ticket de métro. Selon elle, le sésame était à 4 euros alors qu'il ne coûtait à l'époque "que" 1€70. "Quand on est ministre, on prend peu le métro, c’est vrai, je le reconnais. Et quand on le prend, on a le métro gratuit, notamment quand on est ministre des Transports" . Une justification qui a le mérite d'être sincère.

En 2015, des étudiants de SciencesPo sont revenus sur cet incident. Ils lui ont demandé si maintenant elle connaissait le prix d'un ticket de métro. La jeune femme a paru très embarrassée avant d'expliquer qu'elle n'achetait "toujours pas de tickets à l'unité".


Les baguettes à 7 euros de Lionel Jospin 

En 2002, en pleine période d'adaptation entre l'euro et le franc, le Premier ministre Lionel Jospin (PS) est persuadé qu'une baguette coûte... 7 euros. Il avait en réalité confondu avec 7 francs, prix pas si éloigné de la réalité puisqu'une baguette coûtait en moyenne 5 francs (français). Toutefois, sa bourde était à l'époque passée en boucle dans les JT donnant ainsi raison à ceux qui estimaient que tous les prix avaient considérablement augmenté avec l'arrivée de la monnaie européenne. 


Estrosi se plante sur le prix d'un timbre 

Christian Estrosi (LR) est interrogé en 2009 sur le prix d'un timbre poste. A l'époque ministre de l'Industrie, c'est lui qui était chargé de la réforme de la poste. Le journaliste Jean-Jacques Bourdin s'est fait un malin plaisir de répéter plusieurs fois la question en voyant qu'Estrosi se mettait à bafouiller et à tenter de faire diversion. Ce dernier finit par répondre "52 centimes" au lieu de "56 centimes" en précisant également que le prix du timbre dépendait du poids du pli. Une réponse au final par très éloignée de la réalité mais qui avait pris une telle ampleur qu'Estrosi avait adressé un droit de réponse à RMC. 



-Sarkozy : "C'est quoi Le Bon Coin?" 

-Bruno Lemaire : "Je te le dis, si tu me dis ce qu'est un Youtubeur"

Le 12 mai 2016, Sarkozy se rend à une réunion d'entrepreneurs à Lyon. Il étonne alors l'Assemblée en ne sachant pas ce qu'est Le Bon Coin, le célèbre site de petites annonces. Alain Juppé avait alors sauté sur l'occasion en tweetant "Bienvenue au site français qui propose déjà 260 000 offres d'emploi, dont 77 000 en Aquitaine". A peine une semaine plus tard, Sarkozy s'est rattrapé en allant voir le siège de Le Bon Coin et en parlant avec ses dirigeants. 

Dans une interview accordée au Point, Bruno Le Maire (LR) expliquait à quel point il connaissait les nouvelles applications comme Tinder. Mais lorsque les journalistes lui demandent ce qu'est un Youtubeur, il sèche. " Je connais Youtube, mais Youtubeur, franchement non ". Bruno Le Maire n'a pas su non plus expliquer ce qu'étaient Deliveroo ou Take Eat Easy. "Mes enfants vont être consternés en lisant cette interview", a-t-il plaisanté en guise de conclusion.