Choi Soon-Sil, femme d'influence sud-coréenne

Sabine Verhest
Choi Soon-Sil is escorted into the Seoul Central District Prosecutor's Office in Seoul on November 3, 2016. South Korea's President Park Geun-Hye is scrambling to deflect rising public anger over suggestions that Choi -- the daughter of a shadowy religious figure -- vetted presidential speeches, had access to classified documents, and used her influence for personal enrichment. / AFP PHOTO / YONHAP / Yonhap / - South Korea OUT / REPUBLIC OF KOREA OUT NO ARCHIVES RESTRICTED TO SUBSCRIPTION USE EDITORS NOTE: IMAGES WERE PIXELATED AT SOURCE
Choi Soon-Sil is escorted into the Seoul Central District Prosecutor's Office in Seoul on November 3, 2016. South Korea's President Park Geun-Hye is scrambling to deflect rising public anger over suggestions that Choi -- the daughter of a shadowy religious figure -- vetted presidential speeches, had access to classified documents, and used her influence for personal enrichment. / AFP PHOTO / YONHAP / Yonhap / - South Korea OUT / REPUBLIC OF KOREA OUT NO ARCHIVES RESTRICTED TO SUBSCRIPTION USE EDITORS NOTE: IMAGES WERE PIXELATED AT SOURCE ©AFP

Choi Soon-Sil préférait sûrement évoluer dans l’ombre de la présidente qu’à l’ombre d’une cellule de prison. La femme d’affaires sud-coréenne a été arrêtée pour fraude et abus de pouvoir, et risque bien d’entraîner dans sa chute sa vieille amie Park Geun-Hye. Les deux dames se connaissent depuis quarante ans. Quarante années au cours desquelles la première, femme d’affaires et gourou, a profité de l’influence mystique qu’elle exerçait sur la seconde jusqu’au cœur de la Maison-Bleue, siège de la présidence sud-coréenne.

Après avoir perdu sa mère, assassinée en 1974, Mme Park avait été propulsée première dame, au bras de son dictateur de père Park Chunh-Hee. Elle fit alors la connaissance du gourou de l’Eglise de la vie éternelle, Choi Tae-Min, qui lui fit croire qu’il était entré en relation avec feue sa mère. La cinquième fille de Choi, Soon-Sil, qui aurait hérité du pouvoir chamanique de son père, devint alors l’amie intime de Geun-Hye, sa "Raspoutine", comme la surnomme la presse sud-coréenne.

Elue à la tête de l’Etat il y a presque quatre ans, Mme Park lui donna accès à des documents confidentiels, la laissa retravailler ses discours, se fit conseiller dans la conduite des affaires de l’Etat. Choi Soon-Sil profitait de sa liaison privilégiée pour s’enrichir, accusée d’extorquer de l’argent à des conglomérats du pays. Les esprits avec lesquels elle communique ont annoncé la chute du régime nord-coréen en 2017, mais pas sa propre descente aux enfers visiblement. Ni celle possible de Mme Park, menacée d’enquête par son nouveau Premier ministre.