Débat de la primaire: quand Fillon tacle Juppé sur les affaires (VIDEO)

Le débat du second tour de la primaire de droite a été courtois... mais néanmoins saupoudré de quelques tampons bien sentis.

Débat de la primaire: quand Fillon tacle Juppé sur les affaires (VIDEO)
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Rédaction en ligne

Le débat du second tour de la primaire de droite a été courtois... mais néanmoins saupoudré de quelques tampons bien sentis.

Dans l'ensemble, les échanges n'ont pas été particulièrement musclés. C'est quelque part logique, en la présence de François Fillon et Alain Juppé, deux candidats peu réputés pour leur violence dans les débats. Pourtant, le favori des sondages n'a pas hésité à glisser quelques peaux de bananes sous les pieds de son adversaire. A chaque fois, ces piques avaient trait aux "affaires" dans lesquelles s'est retrouvé empêtré le maire de Bordeaux.

Alors qu'il débattent sur les suppressions d'emplois dans le secteur public (une mesure sur laquelle ils se rejoignent par ailleurs), François fillon dégaine... en revenant sur la période "canadienne" de son opposant: "Regardons les Canadiens, qu'Alain connaît bien mieux que moi d'ailleurs...". Et pour cause, celui-ci avait dû s'exiler au Canada après avoir été condamné à quatorze mois avec sursis et un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêt dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris en 2004. D'abord destiné à donner cours à l'Université de Montréal, il enseignera finalement à l'ENAP, après une levée bouclier de plusieurs intellectuels canadiens contre l'arrivée à l'UQAM d'un repris de justice.

Un petit taquet qui n'a pas échappé aux internautes.


Autre moment, autre retour "aux affaires", autre passe d'armes. C'est précisément quand François Fillon revient sur la probité dont devront faire preuve ses ministres s'il devait être élu à la Présidence. "L'expérience qui a été la mienne dans plusieurs gouvernements et celui que j'ai dirigé montre qu'on ne peut pas sereinement diriger un ministère quand on a sur le dos une suspicion qui a entraîné une instruction judiciaire", dit Fillon, sans citer toutefois le nom de Juppé.

Celui-ci réplique pourtant en ne se dérobant pas sur le boulet qu'il traîne dans cette campagne. "J'ai été condamné", rappelle-t-il. "J'ai assumé, j'ai payé, j'ai demandé aux Français ce qu'ils en pensaient et ils m'ont renouvelé leur confiance à plusieurs reprises. Voilà, je voulais être précis sur ce point étant donné que j'entends dire que quand on est mis en examen, on ne peut pas exercer de fonctions publiques."

Fillon reprendra la parole, pour préciser qu'il ne "parlai[t] pas de lui". "Je ne te visais pas", ajoute Juppé. Le mot de la fin sera pour Gilles Boulleau: "Vous visiez tous les deux Nicolas Sarkozy". Taquet numéro 3.