Obama et le club des cinq

Frédéric Autran Envoyé spécial à Washington (Libération)
President Barack Obama pauses with former Presidents George W. Bush, Bill Clinton, George H.W. Bush, and Jimmy Carter during the dedication of the George W. Bush Presidential Center at the George W. Bush Presidential Library and Museum on the campus of Southern Methodist University in Dallas, Texas, April 25, 2013. (Official White House Photo by Pete Souza) This official White House photograph is being made available only for publication by news organizations and/or for personal use printing by the subject(s) of the photograph. The photograph may not be manipulated in any way and may not be used in commercial or political materials, advertisements, emails, products, promotions that in any way suggests approval or endorsement of the President, the First Family, or the White House.
President Barack Obama pauses with former Presidents George W. Bush, Bill Clinton, George H.W. Bush, and Jimmy Carter during the dedication of the George W. Bush Presidential Center at the George W. Bush Presidential Library and Museum on the campus of Southern Methodist University in Dallas, Texas, April 25, 2013. (Official White House Photo by Pete Souza) This official White House photograph is being made available only for publication by news organizations and/or for personal use printing by the subject(s) of the photograph. The photograph may not be manipulated in any way and may not be used in commercial or political materials, advertisements, emails, products, promotions that in any way suggests approval or endorsement of the President, the First Family, or the White House. ©The White House

Le cercle des anciens présidents américains toujours en vie accueille le petit nouveau.

Barack Obama a rejoint ce vendredi le club fermé des anciens présidents encore en vie. Ils seront donc cinq, dont deux Bush et deux prix Nobel.

1 - Jimmy Carter, 92 ans, 39e président (1977-1981). Plutôt bon pied bon œil, Jimmy Carter est un "ancien président professionnel" depuis trente-cinq ans, un record. "Je ne peux pas nier que je suis meilleur ex-président que je n’ai été président", avouait-il en 2005. Ce n’était pas bien difficile, persifleront certains, tant le démocrate a été impopulaire à la fin de son unique mandat, marqué par une économie en déroute et la crise des otages en Iran. Sa retraite, l’homme des accords de Camp David ne la passe pas en charentaises dans sa Géorgie natale, mais en globe-trotter des causes humanitaires. Dès 1982, il met sur pied une fondation, le Carter Center. Il a joué les médiateurs de luxe en Corée du Nord, en Bosnie ou à Haïti. Tant d’efforts lui valent le prix Nobel de la paix en 2002.

2- George Bush, 92 ans, 41e président (1989-1993). "Cher Bill, encore aujourd’hui, quand j’entre dans ce bureau, je ressens le même émerveillement et le même respect que je ressentais la première fois que j’y suis entré, il y a quatre ans de cela. Je vous souhaite beaucoup de bonheur ici." Une vieille lettre envoyée par George Bush père à son successeur Bill Clinton, en 1993, a resurgi sur les réseaux sociaux il y a quinze jours, pour montrer que, dans le temps, les présidents américains avaient la classe. Fin septembre 2016, le patriarche républicain avait fait sensation en laissant dire qu’il voterait Hillary Clinton. George Bush senior reste, pour le peuple américain, le vainqueur de la première guerre du Golfe, en 1990-1991. Président d’un seul mandat, il est sans conteste plus populaire aujourd’hui que son fils "W". Le doyen des anciens présidents - il bat Jimmy Carter de quelques mois - pratique la retraite discrète, coulant des jours tranquilles hormis quelques missions officielles. Il passe l’essentiel de son temps dans la maison familiale de Kennebunkport, dans l’Etat du Maine (nord-est).

3- Bill Clinton, 70 ans, 42e président (1993-2001). L’ancien président, qui était entré à la Maison-Blanche à 47 ans, et dont le double mandat a correspondu à une période de croissance, garde une vraie cote auprès des Américains et un certain crédit dans les milieux économiques. Mais, surtout, Bill Clinton n’arrête pas. Une entreprise à lui tout seul. Engagement humanitaire, sens des affaires : il est souvent cité comme un modèle de reconversion réussie pour ex-président. Le programme gagnant ? Une autobiographie, "My Life", best-seller publié en 2004, et quelques autres livres. Une fondation, très active, pour Haïti. Une ONG, la Clinton Global Initiative, mastodonte de la lutte contre la malaria ou le sida et pour l’accès à l’eau… Un poste d’émissaire spécial des Nations unies en 2004 après le tsunami en Indonésie. Et, bien sûr, des conférences extrêmement bien rétribuées - jusqu’à un demi-million de dollars par intervention, selon une enquête de CNN. Il y parle croissance, nouvelles technologies, "monde meilleur".

4- George W. Bush, 70 ans, 43e président (2001-2009). Le jour du scrutin présidentiel, selon la presse américaine, l’ancien président républicain et son épouse Laura n’ont "pas voté pour Trump", et laissé une case blanche sur leur bulletin. Cet été, George W. Bush s’était déjà fendu d’une critique en règle de Donald Trump. Bush Fils, président de la guerre contre "l’axe du mal" a longtemps été aux abonnés absents. Avec une cote de popularité à 35 % lorsqu’il a quitté la Maison-Blanche, le président le plus impopulaire des Etats-Unis est "de plus en plus agoraphobe", à en croire l’un de ses proches cité par le "New York Magazine". On apprenait dans le même article que, outre sa pratique assidue du golf à Dallas, il passe des heures à peindre des tableaux de paysages texans. Des portraits de chiens, aussi. Dans l’une de ses rares interviews, donnée en 2012 à la Hoover Institution, un think tank conservateur, Bush se disait bel et bien rangé des voitures. "J’étais célèbre, j’étais puissant. Mais je n’ai plus de désir pour le pouvoir, ni la célébrité. J’ai réussi à sortir du marigot. Je ne vais pas y retourner."