Décret anti-réfugiés de Trump: Didier Reynders évoque des décisions "arbitraires et brutales"

Belga

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a qualifié dimanche d'"arbitraires" les décisions prises par décret par le président américain Donald Trump visant à interdire d'accès au territoire les ressortissants de certains pays étrangers, "et même de brutales" lorsqu'elles s'appliquent à des citoyens disposant d'un titre de voyage régulier, d'un visa en ordre. "Chaque Etat est libre de sa politique d'accès mais il existe un minimum de règles, notamment relatives aux titres valables", a réagi le chef de la diplomatie belge.

Comme d'autres Etats, la Belgique suit la situation de près, pour ses concitoyens et particulièrement ceux disposant de la double nationalité. Les Etats-Unis ont décidé de bloquer pendant un mois l'arrivée de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

"Nous n'avons pas adapté les avis de voyage pour les Etats-Unis que nous invitons à consulter régulièrement. Pour les citoyens belges, il n'y a donc pas de changement, peut-être des files d'attente plus longues à l'arrivée", a indiqué M. Reynders. "Nous sommes particulièrement attentifs à la situation des personnes disposant de la double nationalité. Nous leur conseillons de contacter la compagnie aérienne voire l'aéroport ainsi que l'ambassade des Etats-Unis la plus à même de les informer, cela afin de ne pas prendre le risque d'être bloqué", a-t-il expliqué.

Les Affaires étrangères ont elles-mêmes demandé à l'ambassade de Belgique aux Etats-Unis de prendre toutes les informations relatives aux nouvelles dispositions de manière à en suivre la mise en oeuvre.

Au-delà, "il s'agit de décisions arbitraires et nous constatons d'ailleurs qu'elles font déjà l'objet de décisions de justice", a observé le ministre. "Nous avons demandé des explications aux autorités américaines. Il s'agit de pratiques que nous n'utilisons pas en Europe, certainement pas en Belgique. Nous ne prenons pas de mesures arbitraires particulières à l'égard d'un pays", a-t-il commenté.

Le premier ministre Charles Michel a également marqué sa désapprobation à l'égard des décisions prises. Au sein du gouvernement fédéral, les ministres N-VA ont eux semblé vouloir relativiser les mesures américaines, invitant à les replacer dans leur contexte.

Les Etats-Unis ont également décidé l'arrêt complet pendant quatre mois du programme fédéral d'admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre.