Marine Le Pen refuse de payer les 300.000 euros réclamés par le parlement européen... qui prouve qu'elle ment

rédaction en ligne (avec AFP)

Après avoir vivement contesté le remboursement de 300 000 euros qui lui est imposé par le Parlement européen, pour avoir rémunéré des assistants parlementaires qui ne l'étaient que de nom, Marine Le Pen a déclaré qu'elle ne paierait pas cette somme.

"Je ne me soumettrai pas à la persécution", a déclaré la présidente du Front national, citée par l'agence Reuters. L'eurodéputée a jusqu'à ce mardi minuit pour payer son dû faute de quoi elle pourrait perdre la moitié de son salaire, ses indemnités journalières et la totalité de ses frais généraux. "Je me battrai, je suis convaincue que je gagnerai contre le Parlement européen. (Il) a agi en violation de toutes les règles de l'Etat de droit et du droit français", avait accusé la présidente du Front national lors d'une conférence de presse à Denain (Nord) vendredi dernier.

Des assistants payés par l'Europe alors qu'ils travaillaient pour le FN

En 2011, l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) a ouvert une enquête sur un soupçon de fraude aux indemnités parlementaires des eurodéputés du Front national. L'enquête a été clôturée cet été. ”. Sa conclusion est que l’enveloppe reçue par Mme Le Pen pour financer ses assistants a été dépensée de façon non correcte. Le garde du corps de Mme Le Pen n’est par exemple jamais venu au Parlement européen... alors qu'il est son garde du corps, glisse une source proche de l'enquête.

Le Parlement européen a envoyé à Marine Le Pen deux lettres de recouvrement lui réclamant près de 340 000 euros, estimant que l'eurodéputée française avait perçu ces sommes pour rémunérer deux assistants qui n'auraient travaillé que pour son parti.

- 300 000 euros lui sont réclamés pour Catherine Griset qui était accréditée au Parlement européen pendant plusieurs années mais en réalité ne travaillait pas dans les locaux de l'institution, a expliqué la source.

- 40 000 euros supplémentaires lui sont exigés pour avoir engagé son garde du corps comme assistant parlementaire.

"Le Parlement, de manière parfaitement unilatérale, sans s'être justifié sur les raisons de cette décision, a décidé de réclamer le remboursement du salaire de mon assistante (Catherine Griset), qui travaille, elle", a déclaré Mme Le Pen, une allusion à l'enquête en cours en France sur des soupçons d'emploi fictif visant l'épouse de l'homme fort de la droite française, François Fillon.

Selon Mme Le Pen, il est reproché à Mme Griset, employée comme assistante accréditée, de n'avoir "pas assez" été au Parlement européen. "C'est quoi assez?", s'est-elle moquée.

Marine Le Pen s'est aussi indignée que le recouvrement lui soit demandé sans que la justice ait eu à se prononcer" sur cette affaire qui touche d'autres eurodéputés de son parti.

Pour Marine Le Pen, il s'agit d'"une décision politique de la part du Parlement européen qui n'est pas une administration mais un organe politique" (...). "Nous sommes jugés par des gens qui sont nos adversaires politiques", a-t-elle encore critiqué.

Pas une attaque contre le FN, mais bien le remboursement d'un dû

Quand Mme Le Pen estime que la demande de remboursement bafoue l’état de droit car elle a eu lieu avant toute décision de la justice, elle tronque la vérité : d'abord parce qu'il ne s'agit pas d'une enquête judiciaire, mais strictement administrative; ensuite parce qu 'elle a eu, à plusieurs reprises, l’occasion de s’exprimer, elle a été entendue par l’Offce européen de lutte antifraude (Olaf) et l'administration du Parlement européen, qui ont été peu convaincus par ses réponses.

La présidente du Parlement européen et les eurodéputés du FN ne sont d'ailleurs par les seuls à se faire remonter les bretelles pour usage indus des fonds du Parlement européen. Chaque année, un audit sert à éplucher les dépenses pour les contrats parlementaires. En 2015, par exemple, l’administration du Parlement européen a traité 109 cas relatifs à des questions de remboursements, et 96 ont donné des lieux à des recouvrements.
Ce n’est donc pas une attaque contre le FN, même si cinq de ses élus sont tenus de rembourser l'institution. Depuis le mois de septembre 2016, le Parlement retient la moitié du salaire de Mylène Troszczynski (redevable de 56 554 euros), de Sophie Montel (77 276 euros) et de Dominique Bilde (40 320 euros). Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch ont été priés en juin de rembourser respectivement 320 000 et 275 000 euros pour les mêmes raisons.

Parallèlement à l'enquête menée par l'Olaf, le parquet de Paris a ouvert le 15 décembre dernier une information judiciaire pour abus de confiance et recel de ce délit, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé dans l'enquête sur ces soupçons de fraude relative à l'emploi par le FN de vingt assistants parlementaire.




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