Jain, artiste féminine de l'année aux Victoires de la musique

I. M.
French singer Jeanne Galice also known as Jain reacts after receiving the best female artist award during the 32nd Victoires de la Musique, the annual French music awards ceremony, in Paris, Friday, Feb. 10, 2017. (AP Photo/Christophe Ena)
French singer Jeanne Galice also known as Jain reacts after receiving the best female artist award during the 32nd Victoires de la Musique, the annual French music awards ceremony, in Paris, Friday, Feb. 10, 2017. (AP Photo/Christophe Ena) ©AP

A 25 ans, Jain rêve aujourd’hui de partir à la conquête des Etats-Unis. Et elle travaille à un deuxième album.

"Je n’ai rien préparé, je pensais que ce serait la grande Véronique Sanson qui gagnerait. Je ne pensais pas qu’un album aussi multiculturel marcherait en France." C’est avec ces mots désarmants de naturel que Jain, 25 ans depuis quelques jours à peine (elle est née un 7 février), est venue recevoir sa Victoire de la musique, catégorie Artiste féminine de l’année. Une belle confirmation pour la jeune Toulousaine qui, un an plus tôt, concourrait dans la catégorie Révélation.

Si elle voit le jour dans la Ville rose, Jeanne Galice n’y passe pourtant pas son enfance. Dans le sillage d’un papa qui travaille pour une compagnie pétrolière, la petite fille grandit entre Dubai, Abu Dhabi et le Congo-Brazzaville. Avant de rentrer en France et de s’installer à Paris pour préparer une école d’art.

Mais de ses voyages, elle n’a rien oublié. Mieux : elle s’en est nourrie. Programmation musicale au Congo, dans le minuscule studio de Monsieur Flash, percussions arabes dans les pays du Moyen-Orient, tout fait farine au moulin de Jain.

Sa première maquette, celle de "Come", en boîte, elle la publie sur Myspace. Le titre était "de mauvaise qualité, je l’avais enregistré avec mon petit micro d’ordinateur. Mais la mélodie était là…", confiait-elle à notre confrère Nicolas Capart en 2016.

Il lui vaut, en tout cas, d’être repérée par celui qui va devenir son manager. Lequel la présente à son tour à Maxim Nucci, alias Yodelice.

Pas folle et pas prête, la jolie guêpe, qui n’a alors que 16 ans, passe d’abord son bac, s’inscrit à l’atelier de Sèvres, avant de revenir vers la musique.

"Come" est exhumé des cartons, dépoussiéré et retravaillé et le morceau devient un hit. Dans la foulée, Jain sort son premier album, "Zanaka", un mot malgache - en hommage aux origines de sa maman - qui veut dire "enfant".

Disque "melting-pop", comme elle aime à le définir, c’est un mélange de folk, de soul, d’electro et de reggae, de rumba et de hip-hop. Sur la scène du Zénith, en interprétant "Makeba", elle a prouvé que derrière son petit col claudine de fille bien sage, Jain cache un vrai tempérament. Et un très grand talent.