Yahia Sanwar, chef du Hamas dans la bande de Gaza

Vincent Braun
FILE - In this Friday, Oct. 21, 2011, file photo, freed Palestinian prisoner Yehiya Sinwar, a founder of Hamas' military wing, talks during a rally in Khan Younis, southern Gaza Strip. A senior Hamas official says the top member of the group's armed wing has been chosen as its new leader in the Gaza Strip. Yehiya Sinwar, the senior commander who was freed by Israel in a 2011 prisoner swap, is considered one of the most hard-line figures in the Islamic militant group. (AP Photo/Adel Hana)
FILE - In this Friday, Oct. 21, 2011, file photo, freed Palestinian prisoner Yehiya Sinwar, a founder of Hamas' military wing, talks during a rally in Khan Younis, southern Gaza Strip. A senior Hamas official says the top member of the group's armed wing has been chosen as its new leader in the Gaza Strip. Yehiya Sinwar, the senior commander who was freed by Israel in a 2011 prisoner swap, is considered one of the most hard-line figures in the Islamic militant group. (AP Photo/Adel Hana) ©AP

Yahia Sanwar en plein discours à Khan Younes, dans le Sud de la bande de Gaza, après sa libération en 2011.

Un vrai dur à cuire, ce Yahia Sanwar. A 54 ans, ce Palestinien devenu lundi le chef du Hamas dans la bande de Gaza a la réputation d’être aussi coriace qu’inflexible et incorruptible. Israël sait déjà à quoi s’en tenir. C’est que Sanwar est une vieille connaissance de l’Etat hébreu : condamné à la perpétuité pour "terrorisme", l’homme a finalement passé 22 ans dans les geôles israéliennes et il n’était pas vraiment pressé d’en sortir… En 2011, lors des négociations ayant abouti à la libération du caporal israélien Gilad Shalit, enlevé six ans plus tôt par le Hamas, Sanwar a longtemps refusé de faire partie des prisonniers palestiniens qui seraient libérés en échange du soldat de Tsahal. Il avait même fallu le mettre à l’isolement pour éviter que l’accord ne capote et lui envoyer un émissaire israélien pour le convaincre d’accepter.

L’homme n’avait pas hésité à critiquer sa propre organisation qu’il accusait de céder trop facilement aux conditions imposées par Israël, soit l’échange de Shalit contre 1 027 prisonniers palestiniens. Il en voulait encore plus…

Cet entêtement et cette rigueur dogmatique lui avaient valu de gagner le soutien et le respect de nombreux militants du Hamas, tout en contribuant à bâtir sa légende de chef de guerre. Yahia Sanwar est d’ailleurs connu pour avoir fondé, avec son père et ses frères, les Brigades Ezzedine al Qassam (le bras armé du mouvement de résistance islamique palestinien). Comme le chef de celles-ci, Mohammed Deif, il est originaire du camp de Khan Younes, dans le Sud de la bande de Gaza. Atteint d’un cancer, Sanwar s’est imposé, depuis sa libération, comme l’homme fort du petit territoire palestinien.

Allergique au concept de compromis, Sanwar est considéré comme un belliciste, même au sein de l’organisation, dit de lui le site d’informations israélien i24 news. C’est dire si c’est l’un des tenants de la ligne dure du Hamas qui succède à Ismaël Haniyeh. C’est dire aussi que ce n’est pas avec lui non plus que le Fatah de Mahmoud Abbas pourra facilement parvenir à une réconciliation.