Voici comment la CIA a espionné l'élection présidentielle française de 2012

Au total, c'est une trentaine de questions que la CIA a posées à la NSA, son service de renseignement. L'objectif est simple: tout savoir sur la présidentielle française de 2012.

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Sarkozy, Le Pen, Hollande
©Reporters / La Libre Belgique

Au total, c'est une trentaine de questions que la CIA a posées à la NSA, son service de renseignement. L'objectif est simple: tout savoir sur la présidentielle française de 2012.

La révélation provient de Wikileaks et a été diffusée jeudi soir par Libération, Mediapart et la Repubblica. Le document est classé "SECRET/NOFORN" (pour "No Foreign National") ce qui indique bien le degré de confidentialité du rapport. Sa diffusion est complètement interdite auprès des citoyens non-Américains. La question est d'autant plus délicate qu'il s'agit d'un espionnage d'un pays considéré comme ami : la France.

Que cherchait la CIA ?

Dans ce document, il n'y a que des questions, aucune réponse. Peu intéressant, penserez-vous, mais détrompez vous. Cela témoigne de l'intérêt des Etats-Unis pour cette élection, mais aussi pour l'ambiance qu'il y avait en France à cette époque-là. Par exemple, la CIA estimant que l'UMP, l'ancien nom de Les Républicains, le parti du président sortant Nicolas Sarozy, ne gagnerait pas l'élection, l'agence américaine réclamait des "éléments d'informations essentiels" et des "informations additionnelles" sur la stratégie de campagne du PS, de l'UMP et du FN. Même demande sur certains candidats ou potentiels candidats. Ainsi, des recherches sont demandées sur les stratégies de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Marine Le Pen.

Une série des questions posées par la CIA concerne Nicolas Sarkozy. Elle demande des rapports sur "les réflexions de Sarkozy, ou d'autres personnalités gouvernementales importantes, au sujet des candidats à l'élection de 2012". Une autre demande porte sur "les discussions indiquant le niveau de confiance de Sarkozy quant à a sa capacité à remporter l'élection." Du charabia qui, entre les lignes, enjoindrait la NSA à surveiller Nicolas Sarkozy et ses conseillers en espionnant leurs communications téléphoniques ou électroniques (mails).

Un éclatement de l'UMP ?

Les questions posées par la CIA sur l'UMP montrent aussi que l'agence américaine s'attendait à un éclatement de l'UMP. En cause, une défaite annoncée et une remise en question de la stratégie portée par Nicolas Sarkozy. Ainsi, la NSA doit rechercher "toute discussion par des dirigeants ou des membres du parti sur les éventuelles difficultés pour se maintenir au pouvoir après l’élection présidentielle de 2012". La CIA demande aussi être informée de "discussions portant sur les faiblesses perçues ou les efforts pour développer ou changer la ligne idéologique du parti». Enfin, dernier élément permettant de mener au risque d'implosion du parti, la NSA doit se trouver éléments relatifs à "tout schisme ou alliance se développant au sein de l’élite de l’UMP et leurs raisons", ainsi que des "opinions des membres et dirigeants de l’UMP sur le président Sarkozy".