Le général belge Jean-Paul Deconinck nommé chef des Casques bleus au Mali

Le général belge Jean-Paul Deconinck nommé chef des Casques bleus au Mali
©HAULOT ALEXIS
Belga

Le général belge Jean-Paul Deconinck a été désigné jeudi comme prochain commandant de la force (militaire) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la quatrième plus importante force de maintien de la paix onusienne dans le monde, a-t-on appris en soirée de sources concordantes. Le général-major Deconinck, qui commande actuellement la composante Terre de l'armée belge, devrait prendre ses fonctions à Bamako à la mi-mars.

Sa candidature discrète a franchi toutes les étapes de la sélection organisée par le département des opérations de maintien de la paix (DPKO) avant d'être approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU et le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Le gouvernement a approuvé vendredi matin, lors d'un conseil des ministres "électronique" la nomination par l'ONU du général Jean-Paul Deconinck comme nouveau commandant militaire ("Force Commander") de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), la quatrième plus importante force de maintien de la paix onusienne dans le monde. "En nous confiant la fonction de Force Commander d'une de ses principales missions de maintien de la paix, l'ONU démontre sa confiance en notre Défense et en notre pays", a affirmé le Premier ministre Charles Michel dans un communiqué.

"C'est un honneur pour la Belgique de contribuer à la mise en œuvre par le gouvernement (malien), les groupes armés des coalitions Plateforme et Coordination, ainsi que par d'autres parties prenantes maliennes, de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali", a-t-il ajouté.

"Conformément à l'accord de Gouvernement, nous démontrons par notre contribution notre volonté de nous impliquer dans des missions onusiennes, comme nous le faisons également en faveur de nos engagements européens et euro-atlantiques", a encore dit le chef du gouvernement fédéral.

Le général Deconinck succède comme "force commander" au général danois Michael Lollesgaard.

Présente au Mali depuis avril 2013, la Minusma dispose d'effectifs maximum autorisés de 15.209 "membres du personnel en uniforme" - même si les effectifs réellement déployés au 31 janvier étaient moindres, s'élevant à 13.456 personnes, dont 10.763 militaires, 36 observateurs et 1.258 policiers pour la composante militaire.

La Minusma compte aussi au sein de sa composante civile 585 membres du personnel civil international, 661 membres du personnel civil local et 153 volontaires des Nations unies.

Son budget annuel est de plus de 930 millions de dollars.

Elle est considérée comme la mission de l'Onu la plus dangereuse au monde depuis la Somalie en 1993-1995. Elle est la cible d'attaques régulières du groupe État islamique (EI), et a dû déplorer 114 morts au total depuis son déploiement.

Deux attentats suicide ont frappé dernièrement le secteur de l'aéroport de Gao, dont l'un, le 18 janvier, a fauché des dizaines de soldats maliens et ex-rebelles réunis dans un campement pour des patrouilles mixtes.

Le déploiement de la Minusma fait suite à l'intervention française Serval en 2013, qui a permis de chasser en grande partie les djihadistes du nord du Mali. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, de la Minusma et de la force française Barkhane - environ 3.500 hommes dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad).

Plusieurs pays européens ont répondu à l'appel à l'aide lancé par la France au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.

Les Pays-Bas d'abord, qui avaient dépêché quelque 400 militaires au Mali - un nombre réduit à environ 290 avec le récent retrait de quatre hélicoptères d'attaque AH-64 Apache et de trois hélicoptères de transport CH-47 Chinook. L'Allemagne ensuite, dont le contingent atteindra bientôt le millier d'hommes, ce qui en fait le plus gros déploiement de la Bundeswehr à l'étranger, devant la mission en Afghanistan, avec quatre hélicoptères de transport NH90 et très prochainement quatre hélicoptères de combat Tigre ainsi que des drones.

La Belgique a aussi consenti un effort important en prenant en juillet dernier la tête de la mission européenne de formation de l'armée malienne (EUTM-Mali), qui est devenue la plus importante opération militaire de l'armée belge à l'étranger. Son chef actuel est le général de brigade Peter Devogelaere.

Avec quelque 170 Belges - sur un effectif total de quelque 580 personnes, de 26 nationalités -, l'EUTM-Mali est principalement chargée de la formation des Forces armées maliennes (FAMa), alors que le pays reste en proie aux violences causées par des groupes islamistes.