L’US Air Force en quête d’un avion d’attaque léger dans la "longue guerre" antiterroriste

A Dominican Republic air force A-29 Super Tucano pilot taxis after a mission as part of an exercise to combat illegal drug trafficking Dec. 3, 2013, over the skies of the Caribbean. The exercise is part of the Sovereign Skies Program, an initiative between the U.S., Colombian, and Dominican Republic air forces to share best-practices on procedures to detect, track and intercept illegal drugs moving north from South America. (U.S. Air Force photo by Capt. Justin Brockhoff/Released)
A Dominican Republic air force A-29 Super Tucano pilot taxis after a mission as part of an exercise to combat illegal drug trafficking Dec. 3, 2013, over the skies of the Caribbean. The exercise is part of the Sovereign Skies Program, an initiative between the U.S., Colombian, and Dominican Republic air forces to share best-practices on procedures to detect, track and intercept illegal drugs moving north from South America. (U.S. Air Force photo by Capt. Justin Brockhoff/Released) ©U.S. Air Force
Dominique Simonet

L’Embraer Super Tucano ou le Beechcraft AT-6 dans la lutte contre Daech.

Faut-il utiliser une masse pour écraser un moustique ? Autrement dit, pourquoi mettre en œuvre de coûteux avions de combat F-16 ou, peut-être un jour, des F-35 hors de prix, pour attaquer des terroristes terrés dans les montagnes ? C’est la question que se pose, depuis une dizaine d’années, l’US Air Force. L’armée de l’air américaine envisage donc d’acquérir des avions d’attaque légers, à hélices, de type Embraer 314 Super Tucano ou Beechcraft AT-6 Texan II.

Comme les initiales "AT" le laissent entendre, ces avions sont destinés à l’attaque (Attack) et à l’entraînement (Training), raison pour laquelle ils sont tous deux biplaces. L’AT-6 est un appareil extrapolé du Pilatus PC-9. En cas de compétition, il part comme outsider face à l’Embraer Super Toucan, créé pour la surveillance de l’immense bassin de l’Amazone et des frontières brésiliennes.

Conçu pour évoluer par très hautes températures et à partir de terrains rudimentaires, l’Embraer est équipé d’un puissant turbopropulseur Pratt & Whitney et surtout d’une avionique et de systèmes d’armes dernier cri qui lui permettent de mettre en œuvre des munitions de précision. Ce qu’il faut dans la lutte antiterroriste comme antiguérilla. Pour la petite histoire, les canons .50 inclus dans la voilure ou externes, dans une nacelle, sont d’origine FN Herstal.

Le Super Tucano a déjà été acquis par les Etats-Unis, pour le compte de l’Afghanistan, qui doit en réceptionner 20 entre janvier 2016 et 2018. L’ Embraer 314 est en service dans de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, notamment en Colombie contre les Farc et les cartels de la drogue, ainsi qu’en République dominicaine, toujours contre les narcotrafiquants. Ce dernier cas est exemplaire car les appareils dominicains sont épaulés par les moyens de détection et de guidage de la 12e Air Force américaine, connue pour avoir réalisé le premier raid sur Tokyo, le 18 avril 1942, sous le commandement du lt col. Doolittle.

Le chef d’état-major au créneau

La nécessité d’acquérir une plateforme peu coûteuse et efficace, le général David L. Goldfein, chef d’état-major de l’Air Force, vient de l’évoquer pour la "longue lutte" contre le terrorisme international, et en particulier contre Daech. Le coût d’un Super Tucano est de 500 dollars l’heure, multiplié par 5 ou 10 en opérations militaires. Le "Washington Post" évalue le coût horaire au combat d’un F-16 à 19 000 dollars, et celui de l’hypothétique F-35 à… 42 000 dollars.

Trois Super Tucano d’occasion viennent d’être acquis par le Nigeria en lutte contre le terrorisme islamiste.