Allemagne: les tiny houses, logements miracles pour les réfugiés (VIDÉO)

AFP

Ces logis seront montés sur roues et pourront être garés sur un emplacement de parking. "A Berlin, il y a 1,5 million de voitures garées la nuit sans être utilisées" et chacun de ces emplacements de parking "fait environ 10 m2", soit la surface d'une mini-maison, relève M. Le-Mentzel.

"Que se passerait-il si on remplaçait ces 1,5 millions de voitures par des +mini-maisons+" dans lesquelles des réfugiés pourraient vivre?, rêve l'architecte.

A l'instar de nombreuses villes dans le monde, Berlin a connu ces dernières années une hausse des prix de l'immobilier compliquant l'accès au logement pour les couches populaires.

Selon Van Bo Le-Mentzel, sa Tiny100 - nom qu'il a donné à sa première version - constituerait un début de solution face à cette crise du logement : fabriquée en partie avec des matériaux recyclés, elle serait louée 100 euros par mois, et donc accessible au plus grand nombre.

Un brin utopiste, l'architecte caresse aussi l'espoir de voir des immeubles classiques abriter des logements plus compacts, à l'image de sa Tiny100, pour permettre à tous, "riches et pauvres, étudiants et entrepreneurs", de vivre ensemble.

Des discussions sont en cours avec "trois ou quatre investisseurs", glisse-t-il. "Mais nous n'en sommes qu'au début du processus".

13 personnes dans 6 m2

Réfugié kurde venu de Syrie, Ali Fadi n'a pas encore en tête d'avoir sa propre "tiny house". A 33 ans, ce charpentier de métier souhaite une seule chose : pratiquer son métier. En l'absence de papiers prouvant sa formation, il n'a en effet pas pu trouver de travail en Allemagne.

Arc-bouté sur un bout de bois qu'il mesure avant la découpe, il confie son espoir que sa participation à ce projet l'aidera à "obtenir un travail".

Dans un entrepôt du sud de Berlin, un autre membre de l'équipe, Noam Goldstein, travaille sur sa demeure modèle réduit : outre les équipements normaux d'une maison, elle sera équipée de panneaux solaires, de toilettes sèches et d'un jardin hors-sol.

Sa fabrication coûtera entre 12.000 et 15.000 euros, la plupart des composants, des palettes de bois par exemple, étant issus de la récupération, estime-t-il.

Amelie Salameh, Berlinoise de 23 ans, est conquise : "La façon avec laquelle elle a été conçue, les miroirs, la lumière abondante (font que) je ne me suis jamais sentie prisonnière dedans", confie la jeune femme qui a vécu trois semaines dans cette maison de 6 m2 comptant un salon, une alcove nuit, une cuisine, une douche et des toilettes.

Elle a convié deux amis à dormir dedans et a même invité 13 personnes à la visiter. "Il suffit juste de réfléchir où on met ses affaires et de la ranger constamment, parce que ça se remplit vite!"