Le professeur Stéphane Mercier accuse le pape de propager des hérésies

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L’exhortation apostolique du pape François "Amoris Laetitia" publiée en avril 2016 continue à alimenter d’importants débats au sein de l’Eglise catholique.

Alors que le pape, dans ce document très complexe, précise le message de l’Église concernant le mariage et la famille, le huitième chapitre a particulièrement fait parler de lui. François y évoque la possibilité pour les personnes divorcées-remariées de recevoir certains sacrements.

Troublés par les propos du pape à ce propos, quatre cardinaux lui avaient envoyé en novembre 2016 une série de « Dubia » (doutes). La démarche avait fait grand bruit.

Le pape sous « influence » de Martin Luther

Ce week-end, 62 théologiens, prêtres "au statut canonique incertain" (note le journal La Croix) et laïques de 20 nationalités ont divulgué une "Correction filiale" envoyée au pape. Parmi ces signataires on retrouve le philosophe belge Stéphane Mercier qui avait été suspendu par l’UCL après avoir tenu des propos sur l’avortement jugés inappropriés par l’université.

Ces signataires justifient leur démarche par le fait "que le pape, par son Exhortation apostolique Amoris laetitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a effectivement soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu’il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Eglise catholique."

Dans leur texte publié en français sur un site qui lui est dédié, on peut découvrir ces hérésies que François aurait contribué à propager. Les signataires "insistent avec respect" pour que le pape "condamne ces hérésies, qu’il a directement ou indirectement soutenues".

Plus étonnant sans doute, les signataires accusent également le pape d’être victime du modernisme (un courant de pensée défini par le texte comme "la croyance que Dieu n’a pas transmis à l’Eglise des vérités définitives qu’elle doit continuer d’enseigner dans un sens exactement identique jusqu’à la fin des temps"), et sous "l’influence apparente des idées de Martin Luther".

Un texte mis en concurrence

Alors que cette "Correction filiale" n’est signée par aucun haut responsable de l’Église, plusieurs observateurs notent qu’il ne faudrait pas lui donner une autorité ou une importance qu’elle n’a pas. Elle s’appuie d’ailleurs sur une interprétation d’Amoris Laetitia qui est désavouée par beaucoup d’autres lectures qui ne voient dans ce texte pastoral aucune rupture avec la doctrine de l’Église.

Cette initiative est néanmoins révélatrice des doutes, des inquiétudes et des oppositions qui troublent encore les catholiques sur des questions aussi importantes que l’accès aux sacrements.