La problématique du harcèlement sexuel s'invite au Parlement européen

Belga

Après le scandale Harvey Weinstein à Hollywood et les révélations du Sunday Times faisant état de plusieurs cas de harcèlement sexuel au sein du Parlement européen (PE), les eurodéputés ont abordé mercredi matin cette problématique avec la commissaire Cecilia Malmström en plénière. "Le phénomène est omniprésent et je me demande pourquoi nous n'en parlons qu'aujourd'hui. Je pense que c'est parce que nous sommes arrivés à un tournant", a souligné la députée polonaise Agnieszka Kozlowska-Rajewicz (PPE) dès l'entame de la discussion.

Il est temps d'aborder cette problématique et d'agir pour la gérer, a pour sa part estimé Anneleen Van Bossuyt (N-VA/ECR). "La prise de conscience est une première étape importante. Il faut que chacun ose s'exprimer en cas de comportements inappropriés, c'est essentiel. Une position de force ne doit jamais être utilisée à mauvais escient", a-elle poursuivi.

L'Espagnole Iratxe García Pérez (S&D) a quant a elle rappelé que "45 à 55% des femmes" avaient déjà été concernées par le harcèlement sexuel. "Des phrases comme 'elle aimait provoquer' ou 'tu as vu comment elle s'habille' contribuent à ce phénomène. Les instruments existants au sein du PE pour lutter contre la problématique ne fonctionnent pas, nous demandons donc qu'une analyse externe soit réalisée", a-t-elle déclaré.

Un avis que rejoint sa collègue belge Marie Arena (PS/S&D) qui plaide également pour la réalisation d'un audit externe sur le harcèlement sexuel au sein du Parlement. "Lorsqu'on reconnaît qu'il y a un problème, il faut l'objectiver", a-t-elle insisté.

Le Sunday Times a fait état d'une dizaine de cas de harcèlement dans l'institution parlementaire. Le site Politico a quant à lui reçu plus de 100 signalements de faits de ce type dans les institutions européennes et celles qui y sont liées.

Une résolution concluant le débat du Parlement sera mise aux voix jeudi.