Henda Ayari témoigne sur le viol présumé de Tariq Ramadan: "J'étais certaine que ce soir-là, si je le repoussais, il me tuerait"

Henda Ayari témoigne sur le viol présumé de Tariq Ramadan: "J'étais certaine que ce soir-là, si je le repoussais, il me tuerait"
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R.H.

L'ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, Henda Ayari, a publié ses premières accusations sur sa page Facebook le 20 octobre dernier, en plein débat autour du harcèlement sexuel dans la société.

La femme de 40 ans est la première à avoir porté plainte contre le penseur et prédicateur musulman pour viol, agression sexuelle, harcèlement et intimidation. Elle s'est exprimée à ce sujet, ce lundi matin dans l'émission diffusée sur BFM TV et RMC, Bourdin Direct.

"J'idéalisais beaucoup Tariq Ramadan. J'imaginais qu'on allait manger au restaurant ou prendre un verre pour discuter. Finalement, il m'a téléphoné pour me dire de prendre un taxi et de le rejoindre à son hôtel. Il me demande de le rejoindre directement dans la chambre en me précisant le numéro. Il explique que ce sera plus agréable pour discuter tranquillement car il y aura certainement trop de gens dans le hall de l'hôtel."

Apolline de Malherbe la questionne alors, "Vous ne vous méfiez pas ?". Henda Ayari lui rétorque : "pas du tout. Aucune méfiance. Pour moi c'était comme un grand frère, comme un homme religieux. J'y allais en toute confiance." C'est alors que le calvaire commence.

"J'arrive à la porte de sa chambre, il ouvre. Il est très grand. Il m'invite à rentrer tout en tenant une assiette de pâtisseries orientales à la main. Je n'en prends pas. Il va se laver les mains, il revient et m'embrasse directement, très fort. Là, je reconnais que je me suis laissée faire. Mais ce qu'il s'est passé par la suite, ça a été l'horreur. Il s'est littéralement jeté sur moi comme une bête sauvage. Je n'ai pas eu le temps de respirer. Je me suis retrouvée sous lui. J'ai rapidement dit que ça allait trop vite, que je voulais qu'il arrête. Plus je disais non et plus il se mettait en colère. Il m'a frappée très violemment, giflée très fort. Il m'a étranglée pendant plusieurs secondes, j'avais le souffle coupé. J'ai vraiment cru mourir. Il m'a violée par la suite. J'étais certaine que ce soir-là, si je continuais à le repousser... il me tuerait ! Le lendemain matin, il est parti avant moi et m'a demandé de partir discrètement."


Envahie par la honte et la culpabilité, Henda Ayari n'ose pas porter plainte dans la foulée. "De toute façon, quand je lui ai dit à un moment donné que j'allais le dénoncer, il m'a menacée de mort, il a menacé mes enfants. Je lui ai dit que d'autres femmes avaient vécu ce que j'avais vécu, et que j'allais retrouver ces autres femmes, et qu'on allait faire ensemble quelque chose contre lui (...) Il m'a dit 'Henda, je sais tout de toi. Je ne suis pas seul, on sait où tu habites, on sait exactement ce que tu fais, chaque jour qui passe. Je te conseille de fermer ta bouche, tu ne voudrais pas qu'il arrive malheur à tes enfants, n'est-ce pas ?"

Après Henda Ayari, une autre femme a dénoncé les scènes de violence sexuelle d'une grande brutalité que lui a fait subir le théologien suisse. Elles se seraient déroulées dans un hôtel de Lyon en octobre 2009.

De son côté, Tariq Ramadan a réagi pour la première fois ce samedi via les réseaux sociaux en soutenant qu'il s'agissait d'une "campagne de calomnie" enclenchée par ses "ennemis de toujours".


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