L'UE soutient l'Iran face aux sanctions américaines, une "victoire" selon le président Rohani

Accord UE-Iran sur le nucléaire iranien: "une victoire" selon le président Rohani
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Belga

Le président iranien Hassan Rohani a affirmé samedi que les divisions entre Américains et Européens au sujet des nouvelles sanctions imposées par Washington à son pays étaient une "rare victoire historique" pour la République islamique. Les Etats-Unis se sont retirés en mai de l'accord international sur le nucléaire iranien et ont rétabli une première série de sanctions contre Téhéran en août. Une deuxième vague doit suivre le 5 novembre.

Les pays de l'Union européenne, ainsi que les Chinois et les Russes, ont dit vouloir préserver l'accord de Vienne conclu en 2015 et travailler avec l'Iran pour lui permettre de bénéficier de ses retombées économiques.

"Si, il y a un an, nous avions parié que (...) l'Europe se tiendrait aux côtés de l'Iran contre les Etats-Unis, la grande majorité d'entre nous (...) aurait considéré cela comme de l'optimisme pur", a indiqué M. Rohani devant le Parlement iranien.

"La victoire politique de l'Iran au cours des derniers mois est une rare victoire historique", a-t-il ajouté, dans un discours retransmis à la télévision.

M. Rohani et son cabinet font l'objet d'une pression accrue de députés leur reprochant leur gestion de la crise économique que traverse la République islamique.

"Nous sommes tous conscients que le peuple souffre et est sous pression. La vie des gens (...) est très difficile", a-t-il déclaré.

M. Rohani a toutefois assuré que l'Iran avait des réserves suffisantes en biens de première nécessité et en devises pour affronter la tempête, après que le rial iranien s'est effondré face au dollar et à l'approche des nouvelles sanctions touchant le secteur pétrolier.

"Nous ne pouvons pas dire à notre peuple qu'à cause de la pression américaine, nous ne pouvons rien faire. Cette réponse est inacceptable. Nous ne pouvons pas (lui) dire que parce que nous rencontrons des difficultés à vendre notre pétrole, nous sommes incapables de gérer le pays", a-t-il dit.

Il s'adressait aux parlementaires lors d'une session spéciale pour valider la nomination de Farhad Dejpasand, Mohammad Eslami, Reza Rahmani et Mohammad Shariatmadari comme, respectivement, ministres de l'Economie, du Transport, de l'Industrie et du Travail.

Les précédents ministres de l'Economie et du Travail avaient été limogés en août après un vote de défiance des députés. Ceux de l'Industrie et des Transports ont démissionné la semaine dernière.