Midterms : quelles sont les tendances susceptibles d'affecter les résultats du scrutin?

AFP (avec Belga)
Midterms : quelles sont les tendances susceptibles d'affecter les résultats du scrutin?
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Les élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis (Midterms) ont vu un nombre record de vote par anticipation dans les Etats qui permettent cette pratique, avec un taux de participation au scrutin élevé attendu et un financement de la campagne qui a atteint de nouveaux sommets. Ces trois tendances pourraient avoir un effet sur le résultat du vote.

Le vote anticipé

Le vote anticipé et par correspondance a, tout d'abord, battu les records précédents, avec plus de 38 millions de personnes ayant voté en avance, que ce soit en personne ou par courrier. Ce phénomène peut d'une certaine manière être attribué à un changement de culture. Les gens s'habituent en effet de plus en plus à ne pas faire les choses en personne.

Mais il faut également ajouter le fait que ce jour d'élections n'est pas considéré comme un jour férié aux Etats-Unis et que les citoyens doivent donc aller travailler. Envoyer son bulletin de vote par courrier est donc plus simple et pratique que de faire la file devant un bureau électoral.

Davantage de personnes ont par exemple voté anticipativement au Texas et au Nevada que le nombre de votants global pour ces deux Etats lors des élections de mi-mandat en 2014.

Le nombre élevé de votes anticipés serait favorable aux démocrates, qui, selon des schémas antérieurs de vote, sont plus susceptibles d'agir de la sorte. La situation pourrait toutefois s'inverser mardi. En 2016, Hillary Clinton avait ainsi remporté le vote anticipé mais, le jour même de l'élection, Donald Trump avait rassemblé sa base pour se rendre aux urnes et avait finalement remporté le scrutin.

Des dépenses électorales record

D'après les projections du Center for Responsive Politics (Centre pour une politique réactive), qui retrace l'utilisation de l'argent en politique, plus de 5,2 milliards de dollars ont été dépensés par les candidats, les partis politiques, les groupes de donateurs (connus sous le nom de comités d'action politique) et les organisations à but non lucratif. C'est 1 milliard de dollars de plus que n'importe quelle élection de mi-mandat passée. Une grande partie de cet argent est consacrée à des publicités, que ce soit dans les médias écrits ou télévisés traditionnels, ou en ligne.

Une grande partie de ce montant provient des riches, qui sont en mesure de donner d'importantes sommes d'argent par le biais des comités d'action politique. Mais il y a également eu une augmentation des plus petits dons. Une tendance exploitée par certains candidats progressistes, tels que le candidat démocrate au Sénat Beto O'Rourke dans l'Etat du Texas, qui a privilégié des levées de fonds en ligne auprès de ses partisans plutôt que ceux de gros donateurs.


Un taux de participation élevé

Les statistiques des votes anticipés et les sondages sur le vote à venir laissent à penser que le taux de participation de cette année dépassera celui des Midterms de 2014, qui avait été assez faible, même au regard des standards américains en la matière.

D'après les données de l'Organisation pour pour la coopération et le développement économiques (OCDE), les Etats-Unis se situent de manière générale au bas du tableau en termes de participation parmi les pays développés.

Une nouvelle fois, ce constat pourrait favoriser les démocrates dans cette élection, surtout que le parti de centre gauche a massivement appelé à voter. Si les républicains parviennent à rallier leur base et accroître l'enthousiasme en son sein, cela pourrait cependant avoir un effet inverse.

La participation élevée semble en tous les cas liées aux politiques de division de Trump, qui ont suscité un nouvel intérêt pour la politique et mis fin à un certain niveau de complaisance qui était en vigueur par le passé. Que les gens le soutiennent ou s'opposent à lui, le président américain a en tous les cas suscité une vive émotion des deux côtés.


Plus de la moitié des électeurs mécontents de la direction prise par les USA

Plus de la moitié des personnes sondées par CNN à la sortie des urnes mardi estiment que la direction des USA fait fausse route. Un nombre similaire de répondants se disent opposés au président Donald Trump après avoir partipé au scrutin de mi-mandat, perçu comme un référendum pour ou contre l'actuel résident de la Maison Blanche. Le sondage mené par la chaîne d'information CNN, préliminaire et sujet à évolution, révèle que 26% des sondés soutiennent Donald Trump alors que 39% affirment avoir voté pour envoyer un signal d'opposition. Seulement un tiers des répondants ont affirmé que l' actuel de la président n'était pas un facteur. En outre, 65% des électeurs ont déclaré avoir décidé pour qui voter plus d'un mois avant le jour du scrutin. Seulement 15% ont arrêté leur choix la semaine passée ou les derniers jours.

Ceux qui votent pour la première fois ne représentent que 16%, mais il s'agit d'une augmentation de 10% par rapport à 2016.

Un sondage mené par Post-Schar School signale aussi que Donald Trump et les soins de santé sont les principaux thèmes préoccupants les électeurs, suivis par l'économie et l'immigration.