Motion de censure, casse-tête budgétaire: la tension continue pour Macron

AFP

L'agenda de l'Assemblée et du Sénat était dans le flou mardi, à la suite des annonces tous azimuts lundi soir d'Emmanuel Macron qui doivent trouver leur traduction dans des textes budgétaires.

Un point est acquis: déposée par la gauche, une motion de censure du gouvernement sera soumise au vote des députés en fin de semaine, pas avant jeudi après-midi.

Autre quasi certitude dans un agenda parlementaire déjà surchargé: victime collatérale du mouvement des "gilets jaunes", le projet de réforme de la justice, qui devait initialement être adopté définitivement le 20 décembre, ne pourra l'être. Son examen en première lecture à l'Assemblée, chaotique, devrait cependant s'achever mardi soir, avec un vote dans la foulée.

On atteint "un niveau de désorganisation qui est extraordinaire", a pointé dans l'hémicycle l'Insoumis Ugo Bernalicis.

Une année qui s'annonce difficile

Pour le gros morceau du budget 2019, c'est le grand point d'interrogation. Après l'Assemblée, le Sénat a voté mardi le projet de loi de finances en première lecture. Et son adoption définitive, après une ultime navette, est prévue le 20 décembre - la Constitution impose qu'il le soit avant le 21 selon la règle des 70 jours après son dépôt.

Les travaux du Sénat s'arrêtent en principe le 19, ceux de l'Assemblée le 20. Mais les parlementaires ne vont-ils pas devoir revenir à Paris pendant les fêtes?

"On n'a absolument aucune information" sur la façon dont les annonces vont se traduire au niveau législatif, a déploré Christian Jacob (LR). Il est question d'un budget de l'Etat rectificatif (pour la défiscalisation des heures supplémentaires) et d'un budget de la Sécu rectificatif (pour la baisse de CSG notamment).

Selon la date d'application des mesures, ils devront être adoptés plus ou moins rapidement. Les cabinets ministériels travaillent ardemment sur les différents scénarios.

Quid de la rentrée en janvier? La révision constitutionnelle, interrompue en juillet par l'affaire Benalla, doit reprendre au milieu du mois à l'Assemblée, et le Sénat s'emparer du projet de loi Pacte pour les entreprises.

Mais selon une source ministérielle, l'exécutif est en train de revoir largement son programme gouvernemental et parlementaire, au nom de "l'état d'urgence économique et social" décrété par Emmanuel Macron.

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