La police turque a dispersé samedi soir à Istanbul avec du gaz lacrymogène et des canons à eau des centaines des personnes qui dénonçaient la mort de l'avocat kurde Tahir Elçi, tué lors d'une fusillade à Diyarbakir (sud-est). Rassemblés sur l'avenue Istiklal, la grande avenue piétonne et commerçante de la partie européenne de la plus grande ville de Turquie, les manifestants ont respecté une minute de silence à la mémoire de M. Elçi, défenseur renommé de la cause kurde et des droits de l'Homme, puis crié des slogans hostiles au gouvernement.

"Vous ne pourrez pas tous nous tuer", "l'Etat criminel devra rendre des comptes" ou "Tahir Elçi est immortel", ont-ils scandé.

Les forces de l'ordre les ont alors dispersées à l'aide de canons à eau et de gaz.

Bâtonnier de l'ordre des avocats de Diyarbakir, M. Elçi, 49 ans, a été abattu d'une balle en pleine tête alors qu'il venait d'achever une conférence de presse, pris dans une fusillade opposant la police à des hommes armés non identifiés.

Le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu a expliqué que les circonstances de sa mort restaient encore inconnues, indiquant qu'il avait pu être "la cible d'un assassinat" ou "pris entre deux feux".

D'autres rassemblements à la mémoire de Tahir Elçi ont eu lieu à Ankara et à Izmir. Des incidents entre policiers et manifestants ont également été signalés à Diyarbakir.