Quelques jours après qu'un déséquilibré eut franchi les grilles de la Maison-Blanche et réussi à s'approcher dangereusement de la résidence du Président des Etats-Unis, « The Washington Post » révèle que, le soir du 11 novembre 2011, un individu a tiré plusieurs coups de feu sur les appartements de la famille Obama, avant de prendre la fuite. Qui plus est, les services secrets ont mis alors plusieurs jours à reconnaître la réalité de l'agression, et plusieurs jours encore à arrêter le coupable, Oscar Ortega-Hernandez, dans un motel de Pennsylvanie. Il a depuis été condamné à vingt-cinq ans de prison pour tentative d'assassinat.

Le soir de l'incident, Barack et Michelle Obama étaient à San Diego, en Californie, en route vers Hawaii, où le Président devait participer au sommet du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC). Leur fille cadette, Sasha, et la mère de la Première Dame, Marian Robinson, se trouvaient en revanche à la Maison-Blanche, où devait rentrer un peu plus tard la fille aînée du couple présidentiel, Malia, après une soirée passée avec des amis.

L'agresseur était parvenu à parquer sa voiture dans une rue en principe interdite à la circulation qui longe le parc de la Maison-Blanche et, par la vitre du véhicule, à tirer plusieurs coups de feu en direction de la résidence présidentielle avec une version roumaine de la Kalachnikov. Une balle avait brisé un carreau du premier étage, une autre s'était logée dans le châssis de la fenêtre, et plusieurs avaient endommagé le plafond d'un des salons, projetant sur le sol des éclats de bois et de béton.

Règlement de comptes entre gangs

En dépit de dégâts qui seront évalués plus tard à 97 000 dollars, il faudra plusieurs jours pour que, sur l'insistance d'une domestique, on prête suffisamment d'attention aux événements et qu'on conclue à un attentat contre le Président et sa famille. Au moment des faits, un officier de faction à la Maison-Blanche intima l'ordre à ses collègues alertés par les détonations de rengainer leurs armes et de relâcher leur surveillance. On conclut à un règlement de comptes entre gangs rivaux – à deux pas de la résidence présidentielle! – et à des balles perdues qui auraient fini leur course dans les murs du bâtiment le mieux gardé du pays.

Les services secrets ont donc complètement ignoré la menace qui pesa alors sur la famille présidentielle. Ils mirent aussi un temps anormalement long à l'en informer. Et si l'on finit par appréhender le coupable, c'est par hasard. Après avoir commis son forfait, Ortega-Hernandez s'enfuit à si vive allure qu'il perdit rapidement le contrôle de sa voiture et provoqua un accident. On retrouva, dans le véhicule abandonné, une arme et des munitions, mais il fallut plusieurs jours – bien que des témoins aient immédiatement signalé qu'« un fou » tirait sur la Maison-Blanche – pour qu'on fasse le lien avec les événements du 11 novembre et qu'on identifie un chômeur de l'Idaho, âgé de 21 ans, qui disait vouloir « stopper Obama ».