CORRESPONDANTE À STRASBOURG

En septembre dernier, sept eurodéputés, dont les libéraux belges Frédérique Ries et Willy De Clercq, demandaient que soit constituée une commission chargée d'enquêter sur la façon dont les fonds européens sont utilisés par l'Autorité palestinienne. Le 4 février, ils annonçaient avoir rassemblé les 157 signatures requises (équivalant à un quart des membres du Parlement) pour que cette demande soit examinée par la Conférence des présidents des groupes politiques. En fait, ce sont quelque 170 noms qui ont été finalement recueillis.

Transparence

«Il s'agit tout simplement de transparence», justifie Frédérique Ries. «Il est hors de question de couper les robinets», poursuit-elle, «mais la corruption existe, c'est un fait. Nous voulons juste savoir si l'argent arrive là où il doit arriver et s'il ne sert pas à financer des actes condamnés par nos traités». En clair, le terrorisme. Réunis à Strasbourg ce jeudi, les membres de la Conférence des présidents n'ont pas accédé à cette demande. Ils ont refusé d'instituer une «commission d'enquête» munie d'un mandat large et de vrais pouvoirs d'investigation, et n'ont pas non plus opté pour la mise en place d'une «commission temporaire d'enquête» dont le mandat aurait été plus réduit mais réel. C'est finalement un «groupe de travail» réunissant des membres des commissions des Affaires étrangères, du Budget et du Contrôle budgétaire qui sera mis en place. «Une commission sans mandat, ni statut, ni moyens...», déplore Frédérique Ries, pendant que la Gauche unitaire européenne se réjouit de cette décision. La Conférence des présidents a dit «non à la délégitimation de l'Autorité palestinienne», souligne le Français Francis Wurtz, le président de ce parti qui préconise pour sa part la constitution d'une commission d'enquête sur les dégâts causés par l'armée israélienne sur les infrastructures palestiniennes financées par l'Europe.

L'Olaf enquête

Si, en fin de compte, le Parlement européen n'a posé aujourd'hui qu'un acte symbolique, il faut rappeler qu'au début de ce mois, l'Office antifraude de l'Union européenne (Olaf) a annoncé l'ouverture d'une enquête sur ces fameux fonds. Dubitative au départ - elle avait à l'époque souligné qu'une enquête menée par l'organe de contrôle ne remplacerait pas une commission d'enquête parlementaire -, Frédérique Ries se console aujourd'hui en examinant les résultats de l'Olaf qui vient notamment de mettre au jour le détournement par un particulier de plus de 4 millions d'euros destinés au Kosovo. «Mais les enquêtes de l'Olaf sont très longues et très opaques», déplore l'eurodéputée libérale.

© La Libre Belgique 2003