La Birmanie mène un programme secret d'armements nucléaires qui pourrait "vraiment s'accélérer" avec l'aide de la Corée du Nord, selon un expert nucléaire de haut niveau.

En juin, un reportage d'une télévision d'exilés birmans basée en Norvège avait affirmé que la junte avait mis en route un programme nucléaire avec la collaboration de Pyongyang, citant un officier transfuge de l'armée birmane et des "documents top secrets".

Robert Kelley, ancien directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), a pu étudier ces documents sortis de Birmanie par ce transfuge et en a conclu qu'"un programme nucléaire clandestin" était en cours, a-t-il indiqué tard mardi devant le Club des journalistes étrangers de Thaïlande.

"Ce n'est pas un programme bien développé. Je ne pense pas qu'il aille très bien", a-t-il précisé. "Mais si un autre pays intervient, avec toutes les connaissances, le matériel et peut-être la clé à certaines choses qui leur posent problème, y compris la mauvaise gestion, ce programme pourrait vraiment s'accélérer", a ajouté M. Kelley, notant que la Corée du Nord était "certainement le pays qu'(il avait) en tête".

Mais il a souligné que ce programme nucléaire ne pourrait pas réussir sans aide extérieure. "Je pense qu'on peut dire que le peuple thaïlandais est en sécurité pour les prochaines années, parce que ces gens ne savent pas ce qu'ils font", a-t-il noté.

La Birmanie, qui organise le 7 novembre ses premières élections en 20 ans, avait rejeté ces accusations en juin, assurant ne pas vouloir devenir une puissance nucléaire.

Le documentaire de la Democratic Voice of Burma (DVB) montrait notamment des milliers de photos révélant les ambitions nucléaires présumées du régime du généralissime Than Shwe ainsi que la fabrication d'un réseau de tunnels souterrains.

Les Etats-Unis, qui ont entrepris un dialogue avec la junte l'an passé tout en maintenant les sanctions économiques contre elle, avaient alors exprimé leur "préoccupation" quant aux "liens militaires croissants" entre la Birmanie et la Corée du Nord.