Emmanuel Macron a déclaré lundi qu'il ne lui appartenait pas de s'immiscer "dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert".

"Aujourd'hui, comme Président de la République, il ne m'appartient pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois", écrit le chef de l'Etat sur Facebook.

"La décision d'arrêter les soins a été prise au terme d'un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale" et "en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d'obstination déraisonnable", ajoute-t-il.

Bras de fer judiciaire depuis plusieurs années entre membres de la famille, l'arrêt des soins à cet ancien infirmier psychiatrique en état végétatif depuis plus de 10 ans a débuté lundi, après avoir été validé par le Conseil d'Etat fin avril.

Samedi, les avocats des parents avaient imploré Emmanuel Macron d'intervenir pour maintenir les traitements, qualifiant la mort programmée du patient de "crime d'Etat commis au prix d'un coup de force contre l'Etat de droit".

Plusieurs membres de l'opposition comme Marine Le Pen (RN) et François-Xavier Bellamy (LR) ont également invité le président à s'exprimer sur ce sujet qui divise la classe politique.

Dans son message, Emmanuel Macron souligne être "profondément touché" par la situation du patient et plaide pour "le respect de la dignité de toute vie humaine".

"Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n'y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements", commente-t-il.

"Derrière les déchirements, j'entends une angoisse : celle qu'en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d'un citoyen. C'est précisément parce que ce n'est pas le cas, parce qu'il n'y a pas, dans notre pays, de place pour l'arbitraire, que je n'ai pas à m'immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert", conclut-il.

Les parents ont décidé lundi de déposer plusieurs recours pour tenter de stopper l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation de Vincent Lambert, qui entraîneront son décès. L'un des recours a été rejeté lundi par la Cour européenne des droits de l'homme, faute d'"élément nouveau".