L’accord par lequel Damas soumet les Kurdes

Conclu entre l’armée et les FDS, le document marque sans ménagement la fin du rêve autonomiste des Kurdes. Les FDS confirment qu’elles sont prêtes à préserver l’unité territoriale de la République arabe syrienne et qu’elles sont sous le drapeau de celle-ci. Elles se tiennent au côté de l’armée arabe syrienne pour affronter les menaces turques (qui pèsent) sur la terre syrienne sous la direction du président Bachar al Assad".

L’accord par lequel Damas soumet les Kurdes
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Conclu entre l’armée et les FDS, le document marque sans ménagement la fin du rêve autonomiste des Kurdes.

Les FDS confirment qu’elles sont prêtes à préserver l’unité territoriale de la République arabe syrienne et qu’elles sont sous le drapeau de celle-ci. Elles se tiennent au côté de l’armée arabe syrienne pour affronter les menaces turques (qui pèsent) sur la terre syrienne sous la direction du président Bachar al Assad".

Cette déclaration d’intention des combattants kurdes est l’un des passages du protocole d’accord signé dimanche dernier entre les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de milices (en majorité) kurdes, et le gouvernement syrien. Le document, dont une journaliste du réseau panarabe Akhbar al Aan TV (basé à Dubaï aux Émirats) a partagé le contenu sur Twitter, révèle les termes de ce compromis historique qui marque le grand retour de Damas dans cette région. Des termes qui traduisent une soumission des Kurdes, qui n’ont pas eu d’autre choix que de consentir à un tel accord au quatrième jour de l’opération militaire turque pour tenter de limiter les dégâts dans cette région syrienne frontalière - au nord - de la Turquie.

La fin du rêve d’autonomie

L’intervention militaire de cet État, ennemi de Damas, y aurait déjà fait près de 500 morts, dont une centaine de civils, et provoqué le déplacement de 300 000 personnes depuis son lancement le 9 octobre, selon des chiffres publiés ce jeudi par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Ce texte révèle aussi en creux le destin des forces kurdes, gardiennes de cette portion nord-est du territoire syrien délimitée par l’Euphrate. Les forces syriennes sont entrées cette semaine dans plusieurs villes de cette région, dont Kobane, le symbole de la résistance kurde face à l’organisation djihadiste État islamique (EI). Forts de leurs succès militaires obtenus en faisant alliance avec la coalition internationale anti-Daech, les Kurdes avaient développé un modèle d’administration civile dans ces régions.

À l’instant même où ils signaient ce pacte avec Damas, ils savaient que leur rêve d’autonomie dans ce "Rojava", où vivent d’importantes proportions de population kurde, prenait fin. L’ordre de retrait des troupes américaines de ces zones la semaine dernière a précipité l’opération turque. Et la force de frappe de celle-ci a poussé les forces kurdes à s’allier avec l’armée syrienne pour tenter de l’arrêter le plus vite possible.

Redéploiement en trois axes

L’accord entre Damas et les Kurdes organise le redéploiement de l’armée syrienne selon trois axes : Manbij-Kobane, Tabka-Tal Abyad et Hassake-Ras al Aïn. L’État syrien reprend donc pied au nord et à l’est de l’Euphrate "en coordination avec les conseils militaires locaux", précise le texte. Et une "zone de combat instable" s’étendant, le long de la frontière entre Ras al Aïn et Tal Abyad, reste à "libérer".

Ce retour de l’État se fait sans ménagement pour les Kurdes. Non seulement, ils perdent le contrôle sur ces villes chèrement gagnées sur les combattants de l’EI. Mais, en outre, leur retour sous la bannière de Damas semble bien peu tenir compte du rôle qu’ils ont tenu en l’absence de l’État. Toutefois, beaucoup de Syriens de cette région disent aux rares journalistes présents préférer encore une telle humiliation publique à l’éventualité d’une domination turque.

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