Manifestation à Alger, troubles en Kabylie: une présidentielle sous tension en Algérie

Après presque dix mois d'une contestation populaire inédite ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ont voté jeudi lors d'un scrutin sous tension marqué par une manifestation de masse contre l'élection à Alger et de sérieux incidents en Kabylie.

Manifestation à Alger, troubles en Kabylie: une présidentielle sous tension en Algérie
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AFP

Après presque dix mois d'une contestation populaire inédite ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ont voté jeudi lors d'un scrutin sous tension marqué par une manifestation de masse contre l'élection à Alger et de sérieux incidents en Kabylie. 

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues du centre d'Alger dans l'après-midi pour dénoncer la tenue du premier tour de cette élection, vue comme une manoeuvre de survie du régime, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Toute la matinée, pourtant, la police, déployée en force au coeur de la capitale, était systématiquement et brutalement intervenue pour tenter d'empêcher tout rassemblement, comme elle l'a fait avec succès à Oran (ouest), la deuxième ville du pays.

A Alger, les manifestants sont parvenus à faire nombre, jusqu'à briser un cordon de police leur barrant l'accès au carrefour de la Grande Poste, lieu symbolique de rassemblement du "Hirak", "mouvement" de contestation inédit qui ébranle l'Algérie depuis février.

"Le peuple veut son indépendance! ", "makache l'vote" (pas de vote! ), a scandé la foule. Le cortège s'est séparé en fin d'après-midi, avant que la police n'intervienne pour disperser violemment à coups de matraques la centaine de protestataires restants, selon une journaliste de l'AFP.

Des manifestants étaient parvenus plus tôt à s'introduire dans un centre électoral du centre-ville, entraînant une brève suspension du vote.

Plusieurs marches ont également été recensées à travers l'Algérie.

La participation est l'enjeu majeur de l'élection: le "Hirak" a appelé au boycott alors que le pouvoir assure depuis des semaines que la participation sera "massive".

A 17H00 (16H00 GMT), le taux de participation a atteint 33,06%, selon le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie) Mohamed Charfi.

Ce chiffre est inférieur à celui enregistré à la même heure (37,06%) lors de la présidentielle de 2014, qui n'avait mobilisé que 50,7% des inscrits.

Les bureaux ont fermé à 19H00 (18H00 GMT), heure légale, mais aucun chiffre provisoire n'était immédiatement disponible.

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