Près de 300 élèves enlevées par des "bandits" ont été libérées : contre rançon ?

AFP

Des centaines d’adolescentes enlevées vendredi dernier dans leur pensionnat de Jangebe, dans le nord-ouest du Nigeria, ont été libérées et se trouvaient mardi matin au siège du gouvernement de Zamfara, "en bonne santé", a annoncé le gouverneur de cet État, le Dr Bello Matawalle. "Le nombre total de filles enlevées dans l’école est de 279, elles sont toutes ici avec nous, nous remercions Allah", a ajouté le gouverneur.

Les traits du visage tirés par la fatigue, les jeunes filles sont arrivées très tôt mardi matin au siège du gouvernement dans plusieurs minibus.

Le président Muhammadu Buhari, décrié pour la situation sécuritaire catastrophique dans le nord du Nigeria, dont il est originaire, a exprimé sa "joie immense". Il avait été élu pour la première fois en 2015, un an après l’enlèvement de masse de Chibok, où 276 jeunes filles avaient été kidnappées par le groupe djihadiste Boko Haram, suscitant un émoi planétaire. Plus d’une centaine d’entre elles sont encore disparues.

Près de 300 élèves enlevées par des "bandits" ont été libérées : contre rançon ?
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Buhari avait promis de mettre fin au conflit dans le Nord-Est, mais la situation s’est largement détériorée depuis. Et le Nord-Ouest est en outre désormais sous le joug de groupes armés, appelés "bandits", qui volent le bétail et perpètrent des kidnappings de masse contre rançon.

Entretenir un "business" lucratif

Ils ciblent les personnalités publiques ou les voyageurs sur des axes routiers. Mais, ces derniers mois, les écoles semblent être devenues une cible lucrative pour ces gangs criminels. À chaque libération, les autorités démentent fermement avoir payé une rançon, malgré l’opinion générale des experts en sécurité de la région - et le risque d’entretenir ce business lucratif. Les "bandits" agissent avant tout pour le gain, même si certains ont tissé des liens avec les djihadistes.

Leur nombre est incertain, mais ces groupes armés attirent de plus en plus de jeunes désœuvrés de ces régions où plus de 80 % des habitants vivent dans l’extrême pauvreté.

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