Ethiopie: les Tigréens reprennent leur capitale

Les indépendantistes sont entrés lundi soir dans Mekele, capitale régionale. Un tournant dans le conflit.

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© AP
AFP

Les forces loyales aux anciennes autorités dissidentes du Tigré sont entrées lundi dans Mekele, la capitale de cette région du nord de l’Éthiopie. La ville avait été prise par l’armée fédérale le 28 novembre 2020, trois semaines après le lancement par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, d’une offensive pour renverser les autorités locales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui avaient attaqué des bases militaires nationales.

Malgré la victoire proclamée après la chute de Mekele, les combats n’ont jamais cessé entre les forces pro-TPLF, qui se font appeler Forces de défense du Tigré (TDF), et l’armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l’Amhara et l’armée de l’Érythrée, pays frontalier du Tigré.

Lundi, les hommes de ces forces "ont pris le contrôle de la ville, je les ai vus moi-même, ils sont entrés", a déclaré un membre de l’administration régionale intérimaire, mise en place par Addis-Abeba après la destitution des autorités du TPLF. Un journaliste de l’AFP a confirmé que ces troupes étaient arrivées à bord de camions et de voitures.

Leur entrée a déclenché des scènes de liesse, des soldats tirant en l’air en signe de célébration, des habitants sortant dans la rue en brandissant le drapeau tigréen, rouge frappé d’une étoile.

Face à l’avancée rebelle, les fonctionnaires de l’administration intérimaire régionale avaient quitté la ville durant la journée de lundi, selon le membre de l’administration. Des témoins ont rapporté que des soldats et des policiers fédéraux fuyaient également Mekele, certains pillant des banques et réquisitionnant des véhicules appartenant à des particuliers.

Réunion du Conseil de sécurité

Annoncée comme brève, l’opération militaire lancée par M. Abiy s’est transformée en conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d’exactions sur les civils (massacres, viols, déplacements de population…) qui ont suscité l’indignation de la communauté internationale. Au moins 350 000 personnes sont en situation de famine dans la région, selon l’Onu, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Les États-Unis, l’Irlande et le Royaume-Uni ont demandé une réunion d’urgence publique du Conseil de sécurité de l’Onu sur le Tigré, qui pourrait se tenir vendredi, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Les autorités TPLF ont indiqué dans un communiqué : "Le gouvernement et l’armée du Tigré accompliront toutes les tâches nécessaires pour assurer la survie et la sécurité de notre peuple." "Le gouvernement du Tigré appelle notre peuple et notre armée du Tigré à intensifier leur lutte jusqu’à ce que nos ennemis quittent complètement le Tigré."

Addis-Abeba a, de son côté, annoncé un "cessez-le-feu unilatéral". 

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