Pour l’Onu, un accord est toujours possible sur le barrage sur le Nil

L’Égypte veut empêcher l’Éthiopie de remplir un barrage vital pour elle.

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Un accord sur le barrage éthiopien "Grand Renaissance" sur le Nil est possible entre l’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan, avec de la confiance réciproque, a affirmé jeudi l’Onu alors que le Conseil de Sécurité s’était réuni sur le sujet.

"Un accord sur le Grand Renaissance peut être atteint", a assuré Inger Andersen, directrice du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), lors de la réunion du Conseil de sécurité organisée à la demande de la Tunisie, pour le compte de l’Égypte et du Soudan. "Pour parvenir à un accord optimal, la confiance, la transparence et un engagement seront essentiels", a-t-elle ajouté.

"Bien que des progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines lors des négociations, aucun consensus n’a été atteint sur certains aspects critiques, notamment les dispositions pour la gestion de sécheresses prolongées, l’aménagement en amont et en aval du Grand Renaissance et un mécanisme de règlement des différends", a regretté la responsable.

Le barrage "est une menace existentielle" pour l’Égypte, a réaffirmé son chef de la diplomatie, Sameh Choukri, en réclamant "un accord légalement contraignant permettant à l’Éthiopie de réaliser ses objectifs de développement". La gestion de la crise par l’Union africaine est dans l’impasse, a aussi estimé le ministre, en réclamant l’adoption par le Conseil de sécurité d’un projet de résolution proposé par la Tunisie. Ce projet exige un règlement du conflit dans les six mois, un arrêt par l’Éthiopie du remplissage du réservoir du barrage et une inscription de ce dossier au programme du Conseil de Sécurité.

Menace égyptienne

"Si sa survie est menacée, l’Égypte n’aura d’autre choix que de défendre et de protéger son droit inhérent à la vie garanti par les lois", a averti Choukri.

Son homologue soudanaise, Mariam al-Sadeq Al Mahdi, sans parler du projet de résolution tunisien, a indiqué que son pays "demandait l’aide" du Conseil de sécurité pour trouver un accord légalement contraignant. Un silence serait interprété comme un feu vert à l’Éthiopie à poursuivre le remplissage du réservoir du barrage, a-t-elle jugé.

Pour l’Éthiopie, les objections du Caire et de Khartoum "ne sont pas dirigées contre le Grand Renaissance mais visent à arrêter toute utilisation de l’eau par l’Éthiopie", a déploré son ministre de l’Eau. "Contrairement à l’Égypte et au Soudan, l’Éthiopie ne possède pas de réserves d’eau souterraine considérables", a-t-il rappelé.