Libye: le fils de Kadhafi réapparaît et envisage un retour politique

Seif al-Islam Kadhafi, fils de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, veut "restaurer l'unité perdue" de la Libye après une décennie de chaos et évoque une candidature à la présidentielle, dans une rare interview accordée au New York Times.

AFP
Libye: le fils de Kadhafi réapparaît et envisage un retour politique
©EPA

L'un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, emprisonné depuis sept ans, a été libéré en application d'un verdict rendu voilà plusieurs années, une mesure qui semble faire partie des efforts en vue d'une réconciliation nationale dans un pays miné par les divisions.

Dans le sillage du Printemps arabe et après 42 ans d'un pouvoir sans partage, le dictateur Mouammar Kadhafi et ses proches sont tombés en 2011 sous le coup d'un soulèvement populaire, éliminés, emprisonnés ou forcés à l'exil.

Détenu dans une prison de Tripoli depuis 2014, Saadi Kadhafi, un ex-footballeur à la réputation de playboy, a été libéré dimanche "en exécution d'une décision de justice" rendue il y a plusieurs années, a affirmé le ministère de la Justice sans préciser s'il était encore en Libye ou s'il avait quitté le pays.

"Saadi a été remis à sa famille conformément aux procédures légales", a indiqué de son côté lundi le Gouvernement d'unité nationale dans un communiqué. Aucun membre de la famille Kadhafi ne réside encore en Libye, la plupart ont trouvé refuge à Oman, pays du Golfe.

Selon des médias libyens, Saadi Kadhafi, 47 ans, a quitté dimanche soir le territoire libyen sur un vol en direction de la Turquie.

"Sans exception"

Extradé du Niger le 6 mars 2014, où il avait fui après la révolte de 2011, Saadi Kadhafi a été jugé et acquitté en avril 2018 par la Cour d'appel de Tripoli du meurtre en 2005 d'un ancien entraîneur du club de football Al-Ittihad de Tripoli, Bachir Rayani. Il devait également être jugé pour son implication présumée dans la répression meurtrière de la révolte.

Depuis 2011, la Libye a sombré dans le chaos, marqué ces dernières années par l'existence de pouvoirs rivaux dans l'Est et l'Ouest sur fond d'ingérences étrangères mais surtout de luttes fratricides qui ont accentué les divisions et de violences meurtrières.

Parallèlement au processus politique pour sortir le pays de l'ornière, des efforts sont en cours, encouragés surtout par l'ONU, pour pousser vers une réconciliation nationale sans laquelle aucun acquis politique ne serait viable.

Dans son communiqué, le gouvernement d'unité, installé en mars sous la houlette de l'ONU, a d'ailleurs rappelé son engagement "libérer tous les prisonniers selon les des décisions de justice, sans exception", dans l'esprit d'une "réconciliation nationale inclusive, fondée sur l'application et le respect de la loi".

Des milices qui faisaient la loi en Libye refusaient elles par moments des libérations pourtant décidées par la justice.

Exil, prison

Le gouvernement d'unité actuel est appelé à organiser des élections législatives et présidentielle annoncées pour décembre, mais la tenue des scrutins devient de plus en plus hypothétique en l'absence d'un cadre constitutionnel censé les régir.

Saadi était le troisième fils du dictateur libyen qui a pris le pouvoir après le coup d'Etat militaire de 1969. Mouammar Kadhafi avait centré le pouvoir au sein du cercle familial.

Trois des sept fils de l'ex-dirigeant libyen sont morts durant la révolte en 2011. Outre Saadi, son fils Mohamed a trouvé refuge à Oman, Hannibal est détenu au Liban et Seif al-Islam dont on a perdu la trace est réapparu en juillet dernier lors d'une interview au New York Times.

L'épouse du dirigeant déchu, Safiya, et sa fille Aisha vivent à Oman.

Saadi Kadhafi, ancien patron de la fédération libyenne de football, a d'abord été connu pour sa brève carrière dans le championnat italien avant qu'Interpol ne demande son arrestation ainsi que celle de sa famille pour leur rôle dans la répression de 2011.

Bien qu'accusé de tirs contre les manifestants et d'autres crimes lors du soulèvement, Saadi n'est pas poursuivi par la Cour pénale internationale, contrairement à son frère Seif al-Islam.

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