Affaire Paul Rusesabagina: le dialogue reste ouvert avec le Rwanda, assure Sophie Wilmès

Le dialogue reste ouvert entre la Belgique et le Rwanda sur l'affaire Paul Rusesabagina, a assuré mercredi la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, à la sortie d'un entretien à Kigali avec son homologue rwandais, Vincent Biruta, mais sans faire état de progrès significatifs.

Affaire Paul Rusesabagina: le dialogue reste ouvert avec le Rwanda, assure Sophie Wilmès
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La cheffe de la diplomatie belge fait observer que le procès de ce Belgo-Rwandais, opposant déclaré du président Paul Kagame, condamné en septembre dernier à 25 ans de prison, va recommencer à la suite des appels interjetés. "Donc l'histoire doit encore s'écrire à ce sujet".

"Nous avons pris le temps d'échanger nos différentes analyses et convenu que le dialogue restait ouvert. Nous continuerons à nous voir et à nous entretenir sur les différents points d'agenda positifs qui existent entre nos deux pays, et nous avons aussi convenu que nous n'éviterons pas des sujets comme celui de notre concitoyen Paul Rusesabagina", a ajouté Mme Wilmès.

L'homme, qui vivait en exil depuis 1996 aux États-Unis et en Belgique, a été arrêté fin août 2020 dans des conditions obscures par la police rwandaise à Kigali, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi. Lui et ses avocats dénoncent "un enlèvement".

Ex-directeur de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, M. Rusesabagina, 67 ans, a été rendu célèbre par un film de 2004 racontant comment il avait sauvé plus de 1.000 personnes durant le génocide rwandais de 1994.

La justice belge a collaboré à l'enquête rwandaise en fournissant des éléments qui ont servi à l'accusation, fondant la condamnation du Belgo-Rwandais pour avoir "fondé et appartenu" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Pour autant, par la voix de Mme Wilmès, la Belgique - de même que les États-Unis - a dénoncé le fait que l'intéressé n'a pu bénéficier d'un procès équitable, ce qui a tendu les relations avec les autorités rwandaises.

Mercredi à Kigali, la presse belge couvrant la visite de Mme Wilmès dans le cadre d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE et de l'Union africaine, n'a pas pu interroger M. Biruta.

L'affaire Rusesabagina n'a pas été le seul sujet de l'entrevue belgo-rwandaise. Les deux ministres ont aussi évoqué la production naissante de vaccins anti-covid dans le pays et l'appui belge à ce projet, ainsi que la réunion ministérielle UE-UA de mardi et la situation plus générale de la région, selon Mme Wilmès.