Ethiopie: importante manifestation contre les rebelles

Des dizaines de milliers de personnes ont soutenu le Premier ministre.

Dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont apporté leur soutien au Premier ministre contre les rebelles tigréens et oromos.
Dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont apporté leur soutien au Premier ministre contre les rebelles tigréens et oromos. ©AFP
AFP / Belga

Plusieurs pays, dont la Belgique, ont appelé ces derniers jours leurs ressortissants à quitter l’Éthiopie et le gouvernement américain a ordonné samedi le départ de son personnel non essentiel, alors que le conflit qui oppose depuis un an rebelles tigréens et forces gouvernementales dans le nord du pays connaît une escalade.

Après avoir revendiqué le week-end dernier la prise de deux villes stratégiques à 400 kilomètres de la capitale, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et ses alliés de l’Armée de libération oromo (OLA, dissidence du Front de libération oromo, qui a fait la paix avec le Premier ministre Abiy Ahmed), n’ont pas exclu de marcher sur Addis Abeba.

Des dizaines de milliers

Le gouvernement a démenti toute avancée rebelle majeure et toute menace sur la capitale. Il a toutefois déclaré l’état d’urgence et les autorités d’Addis Abeba ont demandé aux habitants de s’organiser pour défendre la ville.

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes se sont réunies sur la place Meskel en soutien au gouvernement et ont juré la perte des rebelles tigréens.

Mais, pour le porte-parole du TPLF Getachew Reda, "dire que la population d'Addis nous est farouchement opposée est totalement exagéré", a-t-il assuré à l'AFP.

"Addis est un melting pot. Des gens avec toutes sortes d'intérêts y vivent. Dire qu'Addis se transformera en bain de sang si nous entrons est absolument ridicule. Je ne pense pas que cette hypothèse […] soit crédible", a-t-il affirmé.

Menaces sur Addis Abeba

Pour le TPLF, la capitale n'est pas "un objectif". Mais si le Premier ministre ne part pas, "bien sûr" que les rebelles prendront la ville, a ajouté Getachew Reda.

Le TPLF assure qu’il ne souhaite pas reprendre les rênes du pays, qu’il a tenues d’une main de fer entre 1991 et 2018.

"Cela ne nous intéresse pas, assure-t-il. Nous voulons simplement nous assurer que la voix de notre peuple est entendue, qu'il exerce son droit à l'autodétermination notamment en organisant un référendum pour décider s'il doit rester membre de l'Éthiopie ou devenir indépendant."

De son côté, un chef de l'OLA, alliée au TPLF depuis août dernier, Jaal Marroo, a déclaré dimanche à l'AFP : "Ce dont je suis sûr, c'est que ça va se terminer très prochainement." Et d'ajouter : "Nous nous préparons à lancer une autre attaque." "Le gouvernement essaie juste de gagner du temps et il essaie de déclencher une guerre civile dans le pays, alors il appelle la nation à se battre", a estimé Jaal Marroo.

Les communications sont coupées dans les zones de combats et l’accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des positions sur le terrain.

"La place du TPLF est en enfer"

Sur la place Meskel d'Addis Abeba, l'hostilité au TPLF était affichée dimanche, lors d'un rassemblement progouvernemental. La maire Adanech Abebe a accusé "les ennemis" de l'Éthiopie de vouloir "terroriser" la population et a attaqué le gouvernement américain de Joe Biden, très critique sur le conflit. "Nous ne sacrifierons pas notre liberté, a-t-elle lancé, la place du TPLF est en enfer."

Des manifestants brandissaient des pancartes exhortant les États-Unis à "arrêter de nous sucer le sang" ou ciblant les médias occidentaux accusés de diffuser de "fausses nouvelles" sur l'avancée rebelle.

La communauté internationale s’emploie à amener les belligérants à la table des négociations, en vain depuis un an.


Les voyages restent déconseillés

Situation imprévisible
.Tous les voyages vers l’Éthiopie restent strictement déconseillés, y compris vers Addis Abeba, en raison de la situation sécuritaire imprévisible, selon l’avis des Affaires étrangères belges, mis à jour dimanche. En effet, des confrontations militaires ont lieu dans le pays. Si ce n’est pas le cas à Addis Abeba, la situation peut évoluer rapidement.

Éviter les transits.
Il est aussi conseillé d’éviter les transits à l’aéroport d’Addis Abeba et de modifier l’itinéraire de voyage, le cas échéant.

Quitter le pays.
Par ailleurs, les Affaires étrangères belges conseillent à toute personne se trouvant actuellement en Éthiopie de quitter le pays tant que des vols commerciaux sont disponibles. “Durant les prochains jours, il est possible qu’il devienne de plus en plus difficile de quitter l’Éthiopie.

S’enregistrer si on s’y rend.
Les Belges qui voyageraient tout de même en Éthiopie sont invités à s’enregistrer sur le site Travellers online.

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