RDC: "des dizaines de tués" dans des attaques contre des villages et des déplacés en Ituri

"Des dizaines" de personnes ont été tuées dans la nuit de dimanche à lundi dans des attaques de villages et d'un site de déplacés en Ituri, dans le nord-est de la RDC, a-t-on appris de sources concordantes.

RDC: "des dizaines de tués" dans des attaques contre des villages et des déplacés en Ituri
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Une source militaire haut placée ayant requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que ces attaques, dans le territoire de Djugu, avaient fait "des dizaines de morts", les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) chiffrant de leur côté à "au moins 107" le nombre de corps retrouvés.

"La grande majorité des morts sont des civils", a précisé le KST, ajoutant que ces attaques avaient été menées par des miliciens du groupe Codeco (Coopérative pour le développement du Congo), constitué de membres de la communauté Lendu.

Des membres de la communauté rivale Hema étaient majoritaires dans le camp de déplacés attaqué, dans le village de Drodro, a indiqué à l'AFP la même source.

"L'ennemi est allé jusqu'à incendier un camp des déplacés. Ca constitue un crime de guerre et un crime contre l'humanité", a déploré le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée en Ituri.

Une source de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) a indiqué à l'AFP que 16.000 déplacés de Drodro, ainsi que des habitants du village qui fuyaient les violences, avaient été conduits dans un camp de déplacés voisin, à Roe, près d'une base temporaire des Casques bleus, où 21.000 autres déplacés sont déjà hébergés.

Le groupe armé Codeco prétend défendre les intérêts de la communauté Lendu en Ituri, une province aurifère marquée par de forts antagonismes entre ethnies. Ce groupe s'est scindé en plusieurs factions rivales.

C'est à l'avènement de cette milice Codeco, fin 2017, que la province a replongé dans un cycle de violences.

L'Ituri et la province voisine du Nord-Kivu sont placées depuis le 6 mai sous état de siège, une mesure exceptionnelle pour lutter contre les groupes armés. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers de l'armée et de la police.