Qui est Abdallah Hamdok, le Premier ministre soudanais contraint de jeter l'éponge?

À sa nomination, l’homme incarnait la bonne gouvernance et l’espoir dans un pays parmi les plus pauvres du monde

Sudan PM Hamdok resigns amid anti-military protests
©Bernd von Jutrczenka/dpa
AFP

L'économiste onusien devenu Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, qui a jeté l'éponge dimanche, après avoir échoué dans son pari du consensus et du partenariat avec les généraux pour mener son pays à la démocratie après 30 ans de dictature, incarnait jusqu'ici l'espoir dans ce grand pays d'Afrique de l'Est, l'un des plus pauvres au monde. Ce moustachu grisonnant de 65 ans était rentré au Soudan dans la foulée de la "révolution" qui renversa en 2019 Omar el-Béchir, espérait reprendre les rênes entouré uniquement de civils. Mais l'homme qui a fait carrière dans des organisations internationales et régionales, notamment comme secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique pour l'Afrique de l'Onu à Addis Abeba, a dû déchanter.

Ce père de deux garçons qui a étudié l’économie agricole à Khartoum avant d’obtenir un master à Manchester, en Grande-Bretagne, a donc annoncé dimanche sa démission.

Lui qui, grâce aux gages donnés aux bailleurs internationaux, avait pourtant obtenu un allègement considérable de la dette nationale et une levée des sanctions américaines ne voulait plus jouer le rôle de visage civil d’un coup d’État militaire.

Outre les acquis économiques, parmi les faits d’armes de M. Hamdok, né au Kordofan du Sud le 1er janvier 1956, figure la conclusion d’un accord de paix en octobre 2020 avec une coalition de groupes rebelles. Comme le Darfour et le Nil Bleu, le Kordofan du Sud a été pendant plusieurs années le théâtre d’un conflit entre rebelles et forces gouvernementales.

L'homme jouissait à sa nomination d'une image de champion de la transparence et de la bonne gouvernance, notamment pour avoir refusé en 2018 le ministère des Finances que Béchir lui proposait. Souriant à sa prise de pouvoir, il promettait aux 45 millions de Soudanais de promouvoir "la bonne vision et les bonnes politiques [pour] affronter la crise économique".

Mais, dans un pays où les infrastructures essentielles manquent, la rigueur économique n’a fait qu’accroître le mécontentement d’une population appauvrie par une inflation à plus de 300 %. (AFP)

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