Burkina Faso : les militaires putschistes annoncent avoir pris le pouvoir

Le coup d'Etat se confirme.

Des militaires en uniforme ont annoncé lundi à la télévision nationale avoir pris le pouvoir au Burkina Faso, s'engageant au "retour à un ordre constitutionnel" dans "un délai raisonnable". Lisant un communiqué signé du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) qui assure désormais le pouvoir, un capitaine a également annoncé la fermeture des frontières à compter de 00h00 (GMT et locales), la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale, ainsi que la suspension de la Constitution.

Le chef de l'ONU "condamne fermement" le "coup d'Etat"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a "condamné fermement" lundi dans un communiqué le "coup d'Etat" militaire commis au Burkina Faso, appelant leurs auteurs "à déposer les armes" et à protéger "l'intégrité physique" du président Roch Marc Kaboré. Dans ce texte lu par son porte-parole, le chef de l'ONU indique qu'il "s'inquiète notamment du sort et de la sécurité du président (...) suite au coup d'État perpétré le 23 janvier par des sections des forces armées".

Le secrétaire général de l'ONU, qui dénonce régulièrement "l'épidémie de coups d'Etat" qui touche le monde aujourd'hui, "suit les développements au Burkina Faso "avec une profonde inquiétude", a ajouté le porte-parole, Stéphane Dujarric.

Il "appelle tous les acteurs à faire preuve de retenue et à choisir le dialogue" pour résoudre la crise au Burkina Faso, a-t-il indiqué.

Des militaires en uniforme ont annoncé lundi à la télévision nationale avoir pris le pouvoir au Burkina Faso, s'engageant au "retour à un ordre constitutionnel" dans "un délai raisonnable".

L'UE et les Etats-Unis appellent à la libération du président Kaboré

"Dans ce moment d'incertitude, l'Union européenne reste attentive à l'évolution de la situation, en appelant tous les acteurs au calme et à la retenue. Elle appelle également à ce que la liberté du Président Kaboré et des membres des institutions de l'Etat soit immédiatement rétablie", a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans un communiqué.

"Les dernières nouvelles sont très préoccupantes", a estimé M. Borrell lors d'une conférence de presse. "Nous savons maintenant que le président Kaboré est sous le contrôle de l'armée", a-t-il dit.

Dans son communiqué, l'UE "rappelle son attachement au respect des institutions républicaines et de l'ordre constitutionnel". Elle "appelle également les forces de sécurité et de défense à demeurer fidèles à leurs missions premières de protection de la population et de défense du territoire, en faisant valoir leurs revendications de manière non violente".

"Nous exhortons toutes les parties, dans cette situation mouvante, à maintenir le calme et à rechercher le dialogue pour résoudre leurs griefs", a dit à l'AFP un porte-parole de la diplomatie américaine.

"Le gouvernement des Etats-Unis est au courant des informations selon lesquelles des membres de l'armée du Burkina Faso ont arrêté et détiennent le président Roch Marc Kaboré", a-t-il déclaré.

"Nous appelons à la libération immédiate du président Kaboré et d'autres responsables gouvernementaux, et appelons les membres des forces de sécurité à respecter la Constitution du Burkina Faso et ses dirigeants civils", a-t-il insisté, soulignant que la diplomatie américaine était en contact avec les "partenaires internationaux" mais aussi des responsables du gouvernement burkinabè.

Le parti présidentiel burkinabè a dénoncé lundi une "tentative avortée d'assassinat" du chef de l'Etat, dont le sort restait peu clair après la mutinerie de soldats dans plusieurs casernes du pays. L'Union africaine a fermement condamné une "tentative de coup d'Etat".