L’hôpital de Panzi n’en a pas fini de réparer les corps meurtris des femmes

Depuis plus de vingt ans, l'hôpital du Dr Mukwege accueille les victimes de violences sexuelles et de pathologies gynécologiques graves. Près de 1500 femmes continuent d'y être référées chaque année.

Olivier le Bussy, envoyé spécial à Bukavu (République démocratique du Congo)
L’hôpital de Panzi n’en a pas fini de réparer les corps meurtris des femmes
©Christophe Smets / La Boîte à images

Elles ont le regard éteint par la fatigue d'un voyage éprouvant sur une route cahoteuse, et le visage embrumé d'inquiétude. Leur attitude dit le poids de la peine, physique mais aussi psychique, qu'elles portent. L'après-midi touche à sa fin sur les bords du lac Kivu, lorsque le groupe d'une dizaine de femmes et enfants débarque à la Maison de la Femme à Bukavu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Le lieu est tenu par Mamas for Africa. Avec l'appui de relais communautaires et d'assistants psychosociaux, l'ASBL belge mène des actions de sensibilisation à travers la province du Sud-Kivu pour identifier et prendre en charge les femmes vulnérables, notamment sur le plan médical. Celles qui souffrent des pathologies gynécologiques les plus sévères, pour la plupart consécutives à un viol, sont référées à l'hôpital de Panzi, que dirige le Dr Mukwege, co-lauréat du prix Nobel de la paix 2018. "Chaque semaine nous référions vingt-quatre femmes à Panzi, mais en raison du Covid nous n'en référons plus que dix", précise Patrick Ndara Bakole, le chef de mission.

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