L'ONU, divisée, prolonge de seulement trois mois sa mission politique en Libye

Le Conseil de sécurité de l'ONU, divisé, a adopté vendredi à l'unanimité une résolution du Royaume-Uni prolongeant de seulement trois mois sa mission politique en Libye, la Russie, veto en main, refusant toute durée plus longue tant qu'un nouvel émissaire onusien ne sera pas nommé.

L'ONU, divisée, prolonge de seulement trois mois sa mission politique en Libye
©AFP

Le texte proroge "jusqu'au 31 juillet 2022 le mandat de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul)" et "demande au secrétaire général de nommer rapidement" un émissaire qui sera basé à Tripoli. La résolution exige du chef de l'ONU un rapport mensuel sur son application jusqu'à fin juillet.

Marqué par la démission en novembre du Slovaque Jan Kubis, le Conseil de sécurité affiche depuis septembre des divergences multiples sur la Libye. Le mandat annuel de la Manul n'avait été en conséquence renouvelé en septembre que de quatre mois, avant d'être prolongé en janvier de trois mois.

Selon des diplomates, le Royaume-Uni avait présenté au début des négociations à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité un projet de texte actualisant le mandat de la Manul et sur une durée d'un an. Face au blocage russe, le texte est devenu un renouvellement technique du mandat actuel et pour uniquement trois mois.

Le 19 avril, lors d'une réunion à huis clos, le secrétariat de l'ONU avait réclamé une longue durée pour la mission afin de recruter plus facilement un émissaire. La Russie, selon des diplomates, avait au contraire réclamé une nomination au plus vite avant de décider d'un mandat long pour la Manul, avaient indiqué à l'AFP des sources diplomatiques.

La résolution adoptée vendredi "appelle toutes les parties à s'abstenir de toute action susceptible de saper le processus politique ou le cessez-le-feu du 23 octobre 2020 en Libye".

La Libye peine à s'extirper de plus d'une décennie de chaos politique et de conflits consécutifs à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, dans le sillage du Printemps arabe. Déjà miné par les divisions entre institutions concurrentes dans l'Est et l'Ouest, ce pays se retrouve depuis début mars avec deux gouvernements rivaux, comme entre 2014 et 2021, alors en pleine guerre civile.

Un gouvernement formé par l'ex-ministre de l'Intérieur Fathi Bachagha, approuvé par le Parlement siégeant dans l'Est, est en concurrence avec le cabinet en place à Tripoli, issu des accords politiques parrainés par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, qui refuse de céder le pouvoir.