Tunisie: "Tous les jours, Kaïs Saïed grignote sur l’ensemble des pouvoirs"

Selon le Pr Hamadi Redissi, le Président se dirige vers une forme nouvelle de dictature, "plus souple". Quant aux islamistes, "ils sont devenus des élites comme toutes les autres, banales, clientélistes, corrompues".

Dimanche, plus de deux mille personnes ont fait entendre leur opposition à ce que le politiste Hamadi Redissi nomme un “régime autoritariste compétitif” en cours d’établissement.
Dimanche, plus de deux mille personnes ont fait entendre leur opposition à ce que le politiste Hamadi Redissi nomme un “régime autoritariste compétitif” en cours d’établissement. ©AP
Depuis près de dix mois, le président Kaïs Saïed a plongé la Tunisie dans un coma institutionnel. Cet état d'exception, qu'il a justifié par la nécessité d'endiguer la corruption et de réformer l'État, l'a amené à s'emparer de la presque totalité des pouvoirs, à suspendre la Constitution, dissoudre le Parlement ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature, et, dernièrement, à prendre le contrôle de l'instance électorale. La popularité de cet ex-professeur de droit constitutionnel élu en 2019 lui permet d'avancer vers une refonte complète des institutions, en dépit des objections de ceux qui craignent que le chemin vers la démocratie emprunté par les Tunisiens au lendemain de la révolution de 2010-2011 soit devenu une impasse. Dimanche,...

Cet article est réservé aux abonnés

Profitez de notre offre du moment et accédez à tous nos articles en illimité