Visite royale en RDC : le roi et la reine sont de retour en Belgique

Le couple royal est de retour en Belgique, après une visite de six jours en République démocratique du Congo. L'avion aux couleurs noir-jaune-rouge en provenance de Lubumbashi s'est posé à 19h15 à l'aéroport militaire de Melsbroek, après un vol de neuf heures.

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Visite royale en RDC : le roi et la reine sont de retour en Belgique
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Le Roi et la Reine auront dû se montrer patients avant de fouler pour la première fois le sol congolais. La visite, initialement prévue pour les 60 ans de l'indépendance en 2020, a dû être reportée à trois reprises, pour cause de Covid et de guerre en Ukraine.

Les attentes des souverains n'en furent que plus élevées, mais ils n'ont pas dû attendre longtemps pour vivre un premier grand moment.

Après avoir été accueillis sur le tarmac par le président Tshisekedi, le Roi et la Reine prirent la direction du centre de Kinshasa. Tout au long du parcours, une foule immense et très enthousiaste salua leur passage. On pourra régulièrement lors du séjour s'interroger sur la réelle spontanéité de la démarche, tant certains donnaient surtout l'impression d'être là pour porter haut les couleurs de leur parti, l'image et le frisson n'en demeuraient pas moins réels.

Le lendemain fût assurément la journée la plus dense dans la chaleur moite de la capitale congolaise. En matinée, le Roi décora ainsi un caporal centenaire ayant combattu lors de la Seconde Guerre mondiale, puis donna le coup d'envoi symbolique du processus de restitution d'oeuvres spoliées avec la remise d'un masque traditionnel au Musée de Kinshasa pour un prêt de longue durée - qui finira vraisemblablement en don.

Ensuite, place au volet très officiel, qui commença par un tête-à-tête avec le président Tshisekedi à sa résidence officielle du Palais de la Nation. Vint peu après le moment très attendu du discours sur l'esplanade du Palais du Peuple, qui abrite le parlement. Pas d'excuse pour la colonisation mais des mots forts et qui resteront: exploitation, domination, racisme. Le bain de foule qui ponctua l'allocution subsistera quant à lui au minimum dans les mémoires des journalistes l'ayant accompagné pour le corps-à-corps musclé avec la sécurité du président auquel il donna lieu.

Le dernier jour dans la capitale se ponctua par un autre moment qui a marqué le couple royal, à savoir des tables rondes où les souverains, tout comme le Premier ministre Alexander De Croo et son épouse, eurent l'occasion d'échanger avec des femmes s'exprimant sur les difficultés liées à leur genre qu'elles rencontraient dans la société congolaise.

La délégation prit ensuite la direction de Lubumbashi à bord d'un A400M de la Défense. Un moment spécial pour tout le monde, et même pour le Roi qui paraissait visiblement impressionné par cet appareil hors-normes.

Arrivés dans la grande ville du sud, où il faisait bien 10 degrés de moins qu'à Kinshasa, les souverains prirent tout de suite la direction d'une école privée belge, où on leur fit un triomphe. L'accueil fût tout aussi chaleureux dans l'amphithéâtre de l'université où le roi Philippe prononça son deuxième discours de la semaine. L'hommage à la jeunesse du pays fût extrêmement appuyé, mais la réaction du public un peu tiède.

Le dernier grand moment pour le couple royal eut lieu dimanche, à Panzi, dans la banlieue de Bukavu. La délégation y visita l'hôpital où le Dr Denis Mukwege "répare" les femmes victimes de violences sexuelles dans l'est du Congo. Point de voix discordante ici. Le passage des souverains, dans une région en proie à un important regain de tensions depuis plusieurs semaines, a été unanimement salué. Le roi Philippe et la reine Mathilde n'ont pas caché leur extrême émotion après avoir rencontré des victimes et entendu les témoignages du Prix Nobel de la Paix 2018.

Ce voyage tant attendu a donc livré un bilan global positif pour le couple royal, qui semble avoir été réellement touché par l'accueil local. Les souverains devraient donc y revenir prochainement, en tout cas plus rapidement que d'ici douze ans, soit le délai qui s'était écoulé depuis la dernière visite d'un Roi des Belges au Congo.

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