Décès de l’ancien président angolais Edouardo Dos Santos

Angola Il s’est éteint à 79 ans dans un hôpital de Barcelone après une longue maladie et un "règne" de 38 ans.

Décès de l’ancien président angolais Edouardo Dos Santos
©AFP

Avec la disparition de l’ancien président angolais José Edouardo Dos Santos, 79 ans, c’est une page d’histoire de l’Afrique, longue de près de soixante années de combat, qui se referme. Une page marquée par l’engagement politique au sein du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Neto, d’obédience marxiste-léniniste dès le début des années 60, en plein paroxysme de la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique.

Edouardo Dos Santos, né le 28 août 1942 dans un des quartiers les plus populaires de Luanda, n’a que 19 ans quand il épouse la cause du MPLA qui entame une guerre d’usure contre le colonisateur portugais qui n’entend pas se séparer des joyaux africains de sa Couronne.

Rapidement, dans la clandestinité, le jeune homme parcourt les autres pays de l’Afrique centrale en pleine décolonisation. Brazzaville et Léopoldville (actuel Kinshasa et siège de son parti) n’ont aucun secret pour lui. En 1963, comme des milliers de boursiers africains destinés à occuper des responsabilités dans leurs pays bientôt "libérés", il est envoyé chez le grand frère soviétique pour "parfaire" sa formation. Il y étudie la pétrochimie et les télécommunications et rencontre sa première épouse (la mère de sa fille aînée, Isabel) d’origine kazakhe.

En 1970, c’est un homme formaté au marxisme et bourré d’ambition qui rentre dans son pays en guerre contre le colon. Il ne combat pas directement, mais s’impose par son sens tactique, qu’il mettra ensuite au service de son pouvoir.

Cinq ans plus tard, l’Angola arrache son indépendance, mais l’opposition MPLA - Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), soutenue par l’Afrique du Sud et les États-Unis, plonge le jeune État dans une nouvelle guerre qui se prolongera jusqu’au début de ce millénaire.

Neto, devenu le premier Président, va confier la diplomatie à Dos Santo. En 1979, quand le Président disparaît, le trentenaire parvient à se faire désigner (il ne sera jamais élu directement par les Angolais) par les membres du bureau politique. Discret, il est vu comme un homme sans ambition qui ne fera pas d’ombre. L’erreur est grande. Dès son accession au "trône", il centralise le pouvoir et conforte un régime autoritaire comme il l’a vu faire au pays des Soviets.

La machine Dos Santos est lancée, sa finesse diplomatique et la manne pétrolière lui permettront de demeurer au pouvoir et d’enrichir son premier cercle familial jusqu’en 2017, date de sa retraite et synonyme d’exil espagnol quand le successeur qu’il a assis sur son trône, Joao Lourenço, lance une campagne contre la corruption - qui n’est qu’une chasse au clan Dos Santos - pour asseoir son pouvoir et se draper dans des habits plus conformes aux attentes de l’Occident.