Coup d'Etat au Burkina: le putschiste Ibrahim Traoré investi président de la transition

Le nouvel homme fort du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris le pouvoir lors d'un coup d'État le 30 septembre, a été investi vendredi président de transition par le Conseil constitutionnel, a constaté l'AFP.

FILE - Burkina Faso coup leader Capt. Ibrahim Traore participate in a ceremony in Ouagadougou, Oct. 15, 2022. Questions are swirling in Burkina Faso about what role Russia may have played in the West African nation's second coup this year. (AP Photo/Kilaye Bationo, File)
Le chef du coup d'État burkinabé, le capitaine Ibrahim Traore, participe à une cérémonie à Ouagadougou, le 15 octobre 2022. ©Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.

"Je jure devant le peuple burkinabè et sur mon honneur de préserver, de respecter, de faire respecter et de défendre la Constitution, la charte de la transition et les lois" du Burkina, a déclaré, main droite levée, M. Traoré en prêtant serment devant le Conseil constitutionnel.

"Le Conseil prend acte de votre serment (...) et vous renvoie à l'exercice de vos fonctions", a indiqué le président par intérim du conseil constitutionnel, Bouraima Cissé, adressant les félicitations des Sages au capitaine Traoré.

C'est le deuxième putschiste que le Conseil constitutionnel investit en huit mois, après la prestation de serment du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un coup d'État fin janvier, avant d'être lui-même renversé le 30 septembre.

Cette investiture était prévue par la charte de la transition adoptée la semaine dernière par les assises nationales, rassemblant les forces vives du pays, ayant désigné à l'unanimité le capitaine Traoré, "président de la transition, chef de l'Etat, chef suprême des forces armées nationales".

L'article 4 de cette charte souligne que "le mandat du président de la transition prend fin avec l'investiture du président issu de l'élection présidentielle" prévue en juillet 2024.

Le 24 janvier, des militaires emmenés par le lieutenant-colonel Damiba et regroupés au sein d'une junte appelée Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), avaient renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, accusé d'incapacité face aux attaques djihadistes qui se sont multipliées au Burkina.

Mais ces attaques n'ont pas cessé en huit mois et, face à la dégradation constante de la situation, un nouveau putsch a eu lieu le 30 septembre, qui a porté au pouvoir le capitaine Traoré.